Rapports du RfII N° 3

Prêts pour l’EOSC ?

Une analyse comparative de trois pays (France, Pays-Bas et Finlande) avec des conclusions pour l’Allemagne au regard du déploiement de l’EOSC.

Novembre 2021

[]{#_Toc92199351 .anchor}Mentions légales

Novembre 2021

Conseil des infrastructures de l’information (Rat für Informationsinfrastrukturen - RfII)

Secrétariat

Papendiek 16

37073 Göttingen

Tél. +49 551 392 70 50

E-mail info@rfii.de

Web www.rfii.de

Code de subvention du BMBF M532900

Projet FoStra 2020 : Stratégies politiques en matière d’infrastructures de recherche en Europe 2020

GESTIONNAIRE DU PROJET

Dr. Barbara Ebert/Dr. Stefan Lange, direction du secrétariat du Conseil pour les infrastructures d’information

COLLABORATEURS DU PROJET

Dr. Gavin Connor Fox (01/01/2020-31/08/2020)

Le présent rapport a été rédigé sur la base des résultats empiriques du projet FoStra 2020 par Daniel Spichtinger.

Rédaction : Dr Stefan Lange

Table des matières {#table-des-matières .TOC-Heading}

[Mentions légales 2](#_Toc92199351)

[RÉSUMÉ 5](#_Toc92199352)

[1 INTRODUCTION ET DÉFINITIONS 7](#_bookmark2)

[1.1 PRÉSENTATION DE L’ÉTUDE 7](#_Toc92199354)

[1.2 UN ÉTAT DE PRÉPARATION - POUR QUOI FAIRE ? 7](#_bookmark4)

[1.3 INDICATEURS D’ÉTAT DE PRÉPARATION UTILISÉS 8](#_bookmark5)

[2 ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC EN FRANCE 13](#_bookmark6)

[2.1 RÉSUMÉ 13](#_bookmark7)

[2.2 POLITIQUES ET GOUVERNANCE 13](#_bookmark8)

[2.3 INFRASTRUCTURES 22](#_bookmark9)

[2.4 FORMATION, COMPÉTENCES, CULTURE ET SENSIBILISATION 25](#_bookmark10)

[3 ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC AUX PAYS-BAS 25](#_bookmark11)

[3.1 RÉSUMÉ 25](#_bookmark12)

[3.2 POLITIQUES ET GOUVERNANCE 26](#_bookmark13)

[3.3 INFRASTRUCTURES 35](#_bookmark14)

[3.4 FORMATION, COMPÉTENCES, CULTURE ET SENSIBILISATION 38](#_bookmark15)

[4 ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC EN FINLANDE 38](#_bookmark16)

[4.1 RÉSUMÉ 38](#_bookmark17)

[4.2 POLITIQUES ET GOUVERNANCE 39](#_bookmark18)

[4.3 INFRASTRUCTURES 48](#_bookmark19)

[4.4 FORMATION, COMPÉTENCES, CULTURE ET SENSIBILISATION 51](#_bookmark20)

[5 CONCLUSIONS SUR L’ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC DANS LES TROIS PAYS ÉTUDIÉS 52](#_bookmark21)

[NOTE SUR LES ENTRETIENS 56](#_bookmark22)

[LITTÉRATURE ET RESSOURCES EN LIGNE 57](#_bookmark23)

Sigles et abréviations

Nous invitons également les lecteurs à se reporter aux explications apportées aux abréviations contenues dans le corps du document.

ANR : Agence Nationale de la Recherche

BMBF : Bundesministerium für Bildung und Forschung

CNRS : Centre national de la recherche scientifique

CLARIAH : Common Lab Research Infrastructure for the Arts and Humanities

CLARIN-ERIC : Common Language Resources and Technology Infrastructure

CoNOSC : Council of National Open Science Coordination

CSC : Centre informatique finlandais pour la Science

DANS : Data Archiving and Networking Services – Structure de service néerlandaise d’archivage et d’accès en réseau aux données

DARIAH : Digital Research Infrastructure for the Arts and Humanities

DMP : Data Management Plan, plan de gestion des données, ou PGD

DORA : Declaration on Research Assessment (également connue sous le vocable de « Déclaration de San Francisco »)

ELIXIR : Une infrastructure de recherche

EOSC-FF : EOSC Finnish Forum/forum finlandais de l’EOSC

EOSC-Hub : Projet de l’EOSC financé par l’UE (Horizon 2020)

EOSCpilot : Projet de l’EOSC financé par l’UE (Horizon 2020)

EOSC-Pillar : Projet de l’EOSC financé par l’UE (Horizon 2020)

ERIC : European Research Infrastructure Consortium

ESFRI : European Strategy Forum for Research Infrastructures

FAIR (principes) : Findable, Accessible, Interoperable, Re-Usable

FREYA : Projet européen (Horizon 2020)

FUNET : Finish University and Research Network

HAL : Hyper Articles en ligne, Archive ouverte française

INFRAEOSC : Appels d’offres de l’EU pour la mise en œuvre de l’EOSC

LISS panel : Longitudinal Internet Studies for the Social Sciences

MESRI : Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

MVE, ou MV-EOSC : Minimal Viable EOSC (EOSC Minimalversion), socle minimum de l’EOSC

NPOS : National Programme Open Science, plan national en science ouverte (Pays-Bas))

NWO : Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek

OA : Open Access – libre accès

OS : Open Science – science ouverte

PID : Persistent Identifier, abréviation retenue pour les identifiants pérennes

PNSO : Plan national pour la science ouverte (en France)

RDA : Research Data Alliance

RfII : Rat für Informationsinfrastrukturen

RPO : Research Performing Organisation – organismes opérateurs de recherche

SRIA : Strategic Research and Innovation Agenda

SSHOC : Social Sciences and Humanities Open Cloud (une infrastructure)

TIC : Technologies de l’information et de la communication

UNIFI : Universities Finland

[]{#_Toc92199352 .anchor}

RÉSUMÉ

L’étude FoStra2020, financée par le ministère fédéral pour l’enseignement et la recherche (Bundesministerium für Bildung und Forschung – BMBF), analyse la préparation (readiness) de trois pays européens - la France, les Pays-Bas et la Finlande - pour la mise en œuvre du nuage scientifique ouvert européen (EOSC) dans une version de base, le Minimal Viable EOSC (MVE, ou socle minimum viable). Cette étude développe ses analyses à partir d’indicateurs dans le domaine de la politique, des infrastructures, de la formation, des compétences, de la culture et de la sensibilisation. Pour ce faire, le personnel du siège du Conseil des infrastructures d’information (RfII) en charge de ce projet a dépouillé une documentation de politique scientifique et d’autres sources, élaboré des dossiers par pays et mené 12 entretiens avec des experts.

Dans chacun de ces trois pays, on est en présence d’un soutien politique fort en faveur de la science ouverte, même si les thèmes et les instruments diffèrent. En France, cette politique est plutôt centralisée (législation, attentes vis-à-vis du ministère compétent pour donner des directives et un cadre réglementaire). En revanche, aux Pays-Bas et en Finlande, après une première impulsion donnée par les autorités gouvernementales, le processus est plutôt ascendant : les organismes scientifiques, tout comme en partie les universités, prennent les choses en main par eux-mêmes. Aux Pays-Bas, la politique de science ouverte se conjugue particulièrement aux développements de l’UE. Dans l’ensemble, les conditions sont donc favorables à l’intégration de l’EOSC dans les politiques nationales de science ouverte, même si celle-ci n’est pas encore tout à fait généralisée à ce jour. Récemment, c’est-à-dire au premier trimestre 2021 dans le contexte de cette étude, on constate une accélération de ces activités dans la mesure où, jusqu’à présent, dans chacun des pays étudiés, au moins un forum s’est tenu sur le thème de l’EOSC, également avec l’implication des parties prenantes dans le processus EOSC. En France, le manque d’intégration des universités et, aux Pays-Bas, la quantité quasi ahurissante d’initiatives liées à l’EOSC, qui risqueraient de contribuer à une fragmentation de leur stratégie, peuvent être considérés comme des faiblesses. Aux Pays-Bas en particulier, les objectifs en matière de science ouverte sont très ambitieux, mais sans encore être atteints (mot d’ordre de 100 % en libre accès en 2020, non réalisé).

Au-delà des politiques, trois axes clés en vue d’une intégration nationale concrète dans l’EOSC peuvent être identifiés : a) la participation à des projets EOSC financés par l’UE, b) la participation de personnels nationaux à l’EOSC (EOSC Interim Board ou EOSC Association) et c) l’implication à plus long terme des organisations nationales (adhésion à cette association EOSC).

En général, la qualité de leurs propres infrastructures place les trois pays en bonne position, l’accent étant plus particulièrement mis sur la coopération internationale en Finlande. En ce qui concerne la mise en œuvre opérationnelle concrète de l’EOSC au niveau des organismes de recherche et des universités dans ces pays et pour ce qui est d’avoir su « prendre le train EOSC » du côté de leurs infrastructures nationales, les organisations extra-universitaires ‘Data Archiving and Networking Services’ (DANS) et ‘Finnish Center of Expertise in Information Technology’ (CSC) jouent un rôle essentiel aux Pays-Bas et en Finlande. Elles peuvent donc faire figure de “promotrices de l’EOSC”.

C’est en matière de formation, compétences, culture et sensibilisation que le bât blesse le plus dans les trois pays, car il est incertain dans ce domaine que la cible des chercheuses et chercheurs – hormis une petite élite académique de personnalités déjà impliquées – puisse être atteinte ne serait-ce qu’à moyen terme dans leur majorité. C’est pourquoi il convient de se mobiliser activement pour organiser des événements nationaux destinés à mieux faire connaître les avantages que l’EOSC offre aux chercheurs dans toutes les institutions scientifiques à financements publics, et ainsi engendrer une audience élargie.

Cela nous amène à des conclusions générales concernant le développement de l’EOSC : le niveau politique est bien installé et le niveau technique est également bien couvert par une série d’activités et de groupes de travail des plus divers. Toutefois, l’EOSC n’est pas encore déployé à l’échelon européen. Qui plus est, les fonctionnalités du portail EOSC sont limitées à l’heure actuelle.1 Et c’est précisément la convivialité de l’EOSC qui jouera un rôle décisif sur le terrain de l’acceptation par la communauté scientifique la plus large - c’est-à-dire par les chercheurs censés utiliser l’EOSC dans leurs activités. Il faut donc se féliciter que le thème de l’onboarding, l’accueil et l’implication dans l’EOSC, ait récemment fait l’objet de discussions lors de la réunion des clusters ESFRI à la RDA House of Commons2 (19 avril 2021). En outre, la question des potentielles redondances avec Gaia X se pose, en particulier quand il s’agira d’aller au-delà du socle minimum viable de l’EOSC et que l’on y associe des entreprises.

Les conclusions pour l’Allemagne sont

-que le soutien des pouvoirs publics à la science ouverte au plus haut niveau revêt son importance, mais à condition que cela prenne en même temps différentes formes (ce en fonction des dépendances liées aux trajectoires imposées par la culture politique de chaque land et du cadre institutionnel qui lui est inhérent) ;

-qu’une structure nationale de coordination de la science ouverte bien structurée est extrêmement utile pour intégrer les aspects de l’EOSC ; et

-qu’un forum national EOSC (ou équivalent) est une condition préalable à l’implication des parties prenantes, ce qui est important non seulement pour l’acceptation de cette l’infrastructure, mais aussi pour la sensibilisation et le développement des compétences idoines.

[]{#_bookmark2 .anchor}INTRODUCTION ET DÉFINITIONS

[]{#_Toc92199354 .anchor}PRÉSENTATION DE L’ÉTUDE

Au travers de son groupe de travail “Analyses par pays”, le Conseil des infrastructures de l’information (RfII) effectue des études nationales comparatives qui, d’une part, ont pour thème les répercussions de l’établissement d’un nuage scientifique ouvert européen commun (EOSC) à l’échelle de chacun des États membres de l’UE et, d’autre part, examinent quelles stratégies et trajectoires de développement à ce niveau peuvent favoriser la réussite de l’EOSC.

Dans le cadre du projet FoStra2020, qui se déroule parallèlement à l’action de ce groupe de travail, une bibliographie assortie de textes en version intégrale a été constituée ainsi qu’a été menée une série de 12 entretiens avec des experts. Deux dossiers nationaux ont été élaborés selon ce canevas (France et Pays-Bas) et une analyse des acteurs a été réalisée pour la Finlande.

L’étude se concentre sur l’ « état de préparation »3 à l’EOSC dans les pays indiqués à partir de la documentation recueillie. Les sources de données importantes et spécifiques à chaque pays sont présentées dans des encadrés inclus dans ce rapport final, bien qu’elles ne soient pas comparables d’un pays à l’autre en raison des données à disposition. Les passages cités des entretiens non publiés de FoStra2020 ont été traduits de l’anglais vers l’allemand pour ce rapport.

[]{#_bookmark4 .anchor}UN ÉTAT DE PRÉPARATION - POUR QUOI FAIRE ?

L’European Open Science Cloud (EOSC) prend une signification différenciée pour les divers acteurs. Le secrétariat de l’EOSC a déclaré en mai 2020 qu’ « il n’existe pas encore de définition claire de l’EOSC »4. Dans cet ordre d’idée, il a même été affirmé que l’EOSC n’était ni (seulement) “européen, ni (seulement) ouvert, ni (seulement) pour la science, et encore moins (seulement) un cloud”.5

Néanmoins, au niveau des États membres de l’UE, on peut identifier certains points communs quant aux raisons motivant la nécessité de l’EOSC. Lors des entretiens, certaines des personnes interrogées ont parfois souligné les risques de verrouillage en un système unique (lock-in) si les solutions pour les données étaient confiées exclusivement à des fournisseurs privés. Ainsi, une des parties prenantes a déclaré à ce sujet :

“Made in Elsevier”, “Made in Springer”, “Made in Google” ? Ou, à l’inverse “Made in the French Republic” ou “Made in EOSC”. Voilà de quoi on parle à mon avis.6

La création de l’EOSC-Association and Partnership a permis de clarifier davantage ce que l’EOSC est censé faire. Conformément au projet d’agenda stratégique de recherche et d’innovation (SRIA) de l’EOSC7, le système reposera sur trois couches :

Les trois couches de l’EOSC

1 : Le cœur interconnecté du système8 (le noyau ou EOSC-Core),

2 : L’interconnexion des infrastructures de données de recherche existantes et programmées ; et

3 : La couche de services qui comprend des services communs et thématiques (EOSC-Exchange). S’appuyant sur les infrastructures de données de recherches existantes, l’EOSC évoluera en suivant une série d’itérations. A chacune de ces étapes, davantage de fonctionnalités et de services seront ajoutés à destination d’une base d’utilisateurs plus nombreux et un plus large éventail de cas d’utilisation sera parfait.

Bien que cette définition serve en principe de point de départ, il est clair que l’EOSC est un système en évolution, avec en plus la tentation d’adjoindre des objectifs politiques supplémentaires.9 Dans ce contexte, comment définir l’état de préparation des différents pays pour un objectif aussi “mouvant” ?

Pour la présente étude, nous nous proposons de mesurer cet “état préparation” vis-à-vis de ce que l’on appelle le socle minimum de l’EOSC (minimum viable EOSC - MVE). Il s’agit d’un concept apparu pour la première fois en 2018 et s’appuyer sur la définition d’un produit minimum viable, c’est-à-dire un produit doté de caractéristiques suffisantes pour satisfaire les premiers adoptants et permettre de recueillir des retours en vue de son développement ultérieur.10 Le SRIA précise que ce socle minimum permettra, dans une première itération, de fédérer les infrastructures de données de recherche existantes et projetées au profit des institutions scientifiques gérées sur fonds publics, pour qu’elle puissent accéder à des données et des services FAIR ouverts. Le socle MVE inclura l’EOSC Core et l’EOSC Exchange, qui opéreront avec des jeux de données FAIR, également collectés via l’EOSC. En d’autres termes, MVE n’inclura pas, dans un premier temps, les données du secteur public compris au sens large (informations du secteur public) ni les données des entreprises.

[]{#_bookmark5 .anchor}

INDICATEURS D’ÉTAT DE PRÉPARATION UTILISÉS

Un certain nombre de documents ont déjà abordé, directement ou indirectement, la question des indicateurs d’état de préparation à l’EOSC. Le groupe de travail Landscape (2020) du conseil exécutif de l’EOSC, en particulier, offre des explications à ce sujet :

Bien qu’il n’existe actuellement aucune définition officielle de ce qu’est l’état de préparation à l’EOSC, il règne un consensus général quant à la nécessité de mettre en place un certain nombre de politiques relatives à la science ouverte, à l’accès ouvert, aux données ouvertes et à l’apprentissage ouvert aux niveaux nationaux afin de promouvoir un écosystème qui rende possible le déploiement de l’EOSC (Vision. p.5, c’est nous qui soulignons, notre traduction).11

Cela semble réduire la préparation à l’EOSC aux seules politiques. Cependant, cet état des lieux lui-même comprend par la suite un chapitre sur les infrastructures en lien avec l’EOSC ainsi que sur les compétences et les enseignements et formations à la science des données, ce qui fait clairement ressortir deux autres composantes importantes entrant dans cette échelle de préparation.

En outre, le rapport de synthèse des projets régionaux EOSC (2020) Une proposition opérationnelle pour des indicateurs vivants (“living” dans le sens d’actualisables de manière dynamique) permettant de suivre la progression des États membres dans leurs niveaux de préparation12, contient déjà des indicateurs détaillés issus des axes suivants :

-Architecture

-Organisation et gouvernance

-Politiques

-Infrastructure

-Formation et compétences

En outre, ce document présente un retour d’information des parties prenantes qui évaluent l’importance de ces catégories, comme le montre le graphique de la page 8.

En ce qui concerne plus particulièrement la question de la mise en œuvre de FAIR dans l’EOSC, la task force FAIR in Practice du groupe de travail EOSC-FAIR a émis une série de recommandations13 associées aux catégories que l’on vient de citer :

1 : financer la sensibilisation, l’enseignement, la formation et le soutien spécifique proposés aux communautés ;

2 : financer l’élaboration, l’adoption et le maintien de normes, d’instruments et d’infrastructures d’échelle communautaire ;

3 : mettre en place des incitations pour l’élaboration d’une gouvernance communautaire ;

4 : traduire les directives FAIR pour d’autres objets numériques ;

  1. : reconnaître et récompenser les améliorations des pratiques FAIR ;

6 : développer et contrôler des politiques appropriées pour les données FAIR et les objets de recherche.

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Source : EOSC Regional Projects (2020) Working Proposal for Living Indicators to Monitor MS Progress towards EOSC Readiness (Proposition de travail pour des indicateurs vivants permettant de suivre la progression des États membres dans leurs niveaux de préparation)

Dans la présente étude, l’accent est mis sur les trois indicateurs associés ci-après pour évaluer l’état de préparation à l’égard du socle minimal d’EOSC. Ils se fondent sur les études précitées, mais ont été adaptés afin de s’assurer de leur pertinence et de leur adéquation avec l’analyse empirique des éléments documentaires sur lesquels cette étude s’appuie :

1 : Politiques et gouvernance

2 : Infrastructure

3 : Formation, compétences, culture et sensibilisation

La liste ci-dessous présente une vue synthétique des caractéristiques propres à ces indicateurs dans les trois pays analysés. Celles-ci sont ensuite abordées en détail dans les chapitres propres à chacun.

Liste 1 : Vision générale – EOSC et état de préparation en France, aux Pays-Bas et en Finlande

1. Politiques et gouvernance

Politique transversale (nationale) de la science ouverte - Politiques descendantes/ascendantes des organismes opérateurs de recherche non universitaires, Politiques des organismes de financement de la recherche, Conseil de la science ou organes d’orientation politique équivalents, Politique des Académies des sciences, Efficacité/mise en œuvre des politiques, Positions des pays sur l’EOSC, Structures : bureau de contact national/personnes

France : Appréciation générale : avancée

La France a mis en place des politiques fortes en matière de données (gouvernementales) ouvertes et de science ouverte, ainsi que les structures nécessaires à la coordination et au suivi à l’échelon gouvernemental. Alors que des structures de ce genre n’ont pas encore été mises en place pour l’EOSC ou que l’EOSC n’a pas encore été entièrement intégré dans des structures existantes, certains éléments indiquent que ce processus est en cours. Les représentants français étaient bien positionnés dans l’ancien conseil d’administration de l’EOSC et sont également bien représentés dans la nouvelle Association EOSC. Le principal organisme national de financement de la recherche s’est également fortement engagé en faveur de la science ouverte. Toutefois, ses politiques ne font guère allusion à l’EOSC jusqu’à présent. Les opérateurs de recherche non universitaires en sont à des stades différents d’élaboration de leurs politiques propres, mais ils ont déjà pris part à l’EOSC sous une forme ou une autre pour la plupart d’entre eux. En revanche, les universités sont moins avancées dans leur implication, la valeur ajoutée de l’EOSC n’apparaît très clairement pour nombre d’acteurs.

Pays-Bas : Appréciation générale : avancée

La science ouverte est très bien ancrée au niveau gouvernemental (Governmental Policies) et s’articule avec les politiques de l’UE (la science ouverte, une priorité de la présidence néerlandaise du Conseil européen).

Les Pays-Bas poursuivent des objectifs multiples et ambitieux en science ouverte, mais ils n’ont pas encore pu les réaliser entièrement (par exemple, 100 % en accès ouvert en 2020). Ils disposent des structures nécessaires à la mise en œuvre, qui s’effectue en suivant un processus ascendant où sont impliqués des établissements universitaires comme non-universitaires. Un suivi structuré ne semble s’exercer actuellement que pour l’accès ouvert. La multiplicité des d’initiatives - notamment dans la gestion des données – peut parfois donner une image de confusion et gagnerait à être davantage concentrée.

Les universités et organismes extra-universitaires participent dans une égale mesure à bon nombre de projets financés par l’UE en lien avec l’EOSC. On constate aussi une forte implication en personnel : c’est ainsi que le coordinateur national pour la science ouverte a également présidé le bureau exécutif de l’EOSC. Toutefois, l’EOSC pourrait figurer en meilleure place dans le plan national pour la science ouverte.

Finlande : Appréciation générale : avancée

La science ouverte s’est bien implantée - après de premières impulsions du ministère - il y a quelques années déjà et s’est fortement organisée, surtout à l’initiative de la communauté elle-même (Federation of Finnish Learned Societies ou National Open Science and Research Steering Group). Un grand nombre de parties prenantes finlandaises, dont des opérateurs de recherche, des organismes de financement, des prestataires de services, mais aussi des acteurs de l’industrie, s’impliquent fortement dans le développement de l’EOSC à différents niveaux : a) en participant à la gouvernance européenne de l’EOSC (Interim Board, nouvelle Association & le programme de partenariat Partnership), b) en s’engageant dans des projets liés à l’EOSC ou c) via les services de l’EOSC. Le CSC, en particulier, occupe une position importante dans ses activités. Le forum EOSC finlandais nouvellement créé occupera sans aucun doute une position importante dans la mise en réseau de la communauté finlandaise et est déjà bien positionné dans les aspects recouvrant l’organisation et le personnel.

2. Infrastructures

Quantitatif vs. qualitatif : assurance qualité : accréditation/certification, spécifique au secteur ou dans le cadre de l’EOSC, Normes et outils, Infrastructures sectorielles internationales

[]{#_bookmark6 .anchor}

France : Appréciation générale : moyenne

La France dispose d’infrastructures de recherche numérique bien développées ; cependant, il reste une marge d’amélioration pour s’intégrer dans l’EOSC, et en particulier pour les celles qui ne sont pas directement liées à l’un des grands organismes de recherche.

Pays-Bas : Appréciation générale : avancée

Les Pays-Bas ont fortement investi dans les infrastructures de recherche numériques ; celles-ci semblent bien intégrées dans divers projets européens associés à l’EOSC.

Finlande : Appréciation générale : avancée

Dans le domaine des infrastructures numériques, la Finlande est présente dans de nombreuses collaborations au niveau international - souvent par le biais du CSC. Les acteurs finlandais sont également bien impliqués dans les projets EOSC, il en résulte une présence de représentants finlandais au Conseil de gouvernance intérimaire et dans ses groupes de travail, ainsi qu’au sein du programme de partenariat et de l’Association (CSC).

3. Formation, compétences, culture et sensibilisation

France : Appréciation générale : faible

Bien qu’un événement annuel consacré à l’EOSC ait été organisé récemment, il semble que la sensibilisation à cette question reste faible au sein de la communauté des chercheurs à grande échelle.

Pays-Bas : Appréciation générale : faible

Dans le cadre d’un atelier de DANS sur la formation, l’accent a été mis sur le renforcement de cet aspect.

Finlande : Appréciation générale : faible

Bien que la Finlande s’en sorte avec une appréciation positive dans l’état des lieux que brosse l’analyse Landscape sur son niveau de préparation envers l’EOSC, on peut se demander ici aussi dans quelle mesure cette réceptivité est réellement parvenue jusqu’aux chercheurs de base. Le forum EOSC finlandais pourrait ici jouer un rôle important dans le domaine de la sensibilisation et de la formation.

ÉTAT DE PRÉPARATION À L’EOSC EN FRANCE

[]{#_bookmark7 .anchor}RÉSUMÉ

Les données et la science ouvertes bénéficient d’un soutien politique fort en France. Le pays a mis en place les structures nécessaires pour la coordination et le suivi au niveau gouvernemental. Toutefois, des structures analogues n’ont pas encore été mises en place pour l’EOSC ou l’EOSC n’est pas encore un dossier totalement intégré dans les structures existantes. Certains signes indiquent toutefois que cette opération est déjà en cours. Les représentants français étaient bien placés dans l’ancien conseil d’administration de l’EOSC et sont également représentés de manière appropriée dans la nouvelle association EOSC. Le principal organisme de financement de la recherche s’engage en outre fortement en faveur de la science ouverte, sans toutefois avoir intégré des spécificités de l’EOSC dans ses politiques. Les organisations de recherche extra-universitaires sont plus ou moins avancées dans le développement de leur propre politique ; elles se sont toutefois déjà engagé de différentes manières dans l’EOSC. En revanche, les universités semblent moins avancées en sur le plan de la coopération avec cette initiative, la valeur ajoutée n’étant pas claire pour certaines. La France jouit d’une position de force en matière d’infrastructures, mais il reste néanmoins une marge d’amélioration quant à l’intégration dans l’EOSC, et notamment du côté des infrastructures qui ne sont pas directement liées à l’un des grands organismes de recherche. Dans la communauté scientifique, la sensibilisation à l’EOSC à grande échelle reste assez faible (hormis auprès d’un petit groupe).

[]{#_bookmark8 .anchor}POLITIQUES ET GOUVERNANCE

Structures et niveau gouvernementaux

Les données ouvertes reçoivent un soutien politique large en France, notamment par le biais de sa Loi pour une République numérique14 de 2016, qui constitue le socle de la politique française en matière de science ouverte. Ce cadre juridique précurseur met les pouvoirs publics dans l’obligation de rendre leurs données disponibles sur la foi de deux principes : le type de financement et le type d’acteurs impliqués. L’article L-533-4. I de la loi exige que les publications et les données issues de résultats de recherches financées à hauteur d’au moins 50 % par l’État, les régions et les autres organismes publics ou par l’Union européenne soient mises en libre accès. La loi ne précise toutefois pas le type de données qui devraient être mises à disposition. Néanmoins, le rapport SPARC-Europe-2019 sur la science ouverte en Europe15 estime que le cadre normatif français est le plus avancé d’Europe (avec celui de la Lituanie). Ce rapport souligne également une différence fondamentale avec la législation d’autres pays, puisque le droit français se concentre davantage sur le droit d’accès aux données ainsi que sur l’obligation pour les chercheurs de déposer leurs travaux dans des archives ouvertes. De même, et c’est peut-être le plus frappant, il abolit explicitement les droits d’auteur des éditeurs et des revues scientifiques.

En conséquence, la France est devenue en 2018 le deuxième pays de l’UE à adopter un Plan national pour la science ouverte (PNSO).16 L’un des principaux objectifs est de sensibiliser à la science ouverte en France. Un court document de quatre pages expose à cet égard une série d’autres objectifs, qui portent principalement sur l’accès ouvert et l’ouverture des données. Le plan recommande également que soit mis en place une valorisation des activités de science ouverte en tant que critère d’évaluation des chercheurs et des institutions et appelle les chercheurs français à s’engager plus fortement dans l’EOSC et d’autres initiatives internationales dans le domaine des données. Le PNSO souligne également la nécessité de renforcer le rôle de HAL, l’archive nationale des publications scientifiques. Il exhorte également à faire progresser la production et la gestion des données scientifiques conformément aux lignes directrices préconisées au niveau européen (c’est-à-dire les principes FAIR). En parallèle, il livre de nombreux détails sur la manière dont les données devraient être gérées, partagées et finalement mesurées, par les communautés de recherche elles-mêmes. Pour ce qui est de recommandations plus spécifiques, il encourage la généralisation des plans de gestion des données (DMP) et souligne le rôle important que jouent les centres de données thématiques comme ressources clés pour certaines disciplines. Le plan propose également la mise en place de programmes de formation en sciences ouvertes dans les écoles doctorales et annonce la création d’un prix national consacré aux données ouvertes.

Il faut cependant relever que la politique de financement de la science ouverte en France se réfère rarement à l’EOSC. De même, le PNSO ne contient que quelques dispositions importantes pour l’allocation de nouveaux financements. Bien que le plan encourage l’utilisation de critères de science ouverte pour l’évaluation des chercheurs et des institutions, il ne contient pas de recommandations détaillées sur leur mise en œuvre. En outre, il ne mentionne pas l’apprentissage ouvert (open knowledge), dont la programmation se trouve encore à un stade très précoce en France.

Le Comité pour la science ouverte17 (CoSO), créé en 2019, est un organe consultatif et de pilotage nommé par le ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESRI), et placé sous sa tutelle. Il a pour mission de coordonner et de soutenir la transition vers la science ouverte. Au niveau stratégique, il est dirigé par un comité de pilotage présidé par le MESRI. La France dispose également d’un conseiller pour la science ouverte (Open Science Advisor)18, placé sous l’autorité du directeur général du MESRI.

Par ailleurs, le MESRI a développé son propre baromètre de la science ouverte19 (BSO) afin de suivre l’efficacité des politiques tracées par le PNSO. Les chiffres du BSO pour 2019 montrent que 49 % des 155 000 articles scientifiques français publiés en 2018 sont disponibles en accès ouvert. Ce chiffre a augmenté de 8 % par rapport aux 41 % de 2017. Bien que le BSO ne propose pas encore de statistiques similaires sur les données ouvertes, cette fonctionnalité fait déjà l’objet de discussions. Les ministères de plusieurs États membres de l’UE ont fait part de leur intérêt pour une collaboration avec le BSO.

Le MESRI met en place un comité de coordination des services et des infrastructures électroniques qui se concentrera particulièrement sur l’EOSC. Dans le cadre de cette activité, un groupe de travail national a été créé, composé des principaux groupes d’intérêt français dédiés à l’EOSC et du ministère, afin de faire avancer la coordination des activités sur ce point en France. Volker Beckmann est conseiller spécial pour la mise en œuvre de l’European Open Science Cloud (EOSC) en France au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Si l’état de la mise en œuvre de ces structures ne se dessine pas encore très clairement, on a pu observer une action ayant consisté à organiser les European Open Science Cloud France 2021 Days20, auxquels ont participé les acteurs les plus importants.

En ce qui concerne l’intégration dans les structures de gouvernance de l’EOSC, la France était bien représentée pendant le premier mandat du Comité de gouvernance de l’EOSC21, organe qui prend des décisions stratégiques sur le développement de l’EOSC. Ce premier comité comprenait 37 représentants des États membres de l’UE et des pays associés, le représentant français étant Laurent Crouzet (chef du MESRI A7). Le comité comprenait onze représentants d’organisations paneuropéennes et d’experts à titre individuel, et était également assisté par des groupes de travail, le GT Architecture étant coordonné par Jean-François Abramatic.

En juillet 2020, l’Association EOSC a été créée juridiquement.22 Suzanne Dumouchel du CNRS est l’une des huit administratrices et administrateurs nouvellement élus. Au total, 27 institutions françaises se sont portées sur les rangs pour adhérer à l’Association, parmi lesquelles les partenaires du pilier EOSC-Pillar que sont le CINES, le CNRS, l’IFREMER, l’INRAE, l’INRIA et l’INSERM.23 Mme Dumouchel a fait état, lors d’un des entretiens réalisés dans le cadre du projet, que la création de l’Association EOSC avait entraîné « une accélération de la mise en œuvre d’une politique de science ouverte au sein des différentes organisations, une volonté de collaboration et de structuration de la participation française à l’EOSC »24. À l’avenir, cela se traduira notamment par la création d’un « Collège EOSC », au sein duquel les acteurs français impliqués seront en mesure de collaborer sur un grand nombre des sujets concernés, notamment les services, les PID, les partenariats, les infrastructures et les entrepôts.

Financeurs de la recherche

L’Agence nationale de la recherche française (ANR) est un établissement public administratif sous la tutelle du ministère français de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. L’Agence finance des travaux de recherche sur projets menés par des opérateurs publics qui collaborent entre eux ou avec des entreprises privées.25 La politique science ouverte de l’ANR (déjà initiée en 2013), s’inscrit pleinement dans le cadre du PNSO. Cette politique poursuit trois objectifs :

-Favoriser le libre accès aux publications : Le coordinateur d’un projet financé par l’ANR et les partenaires doivent s’engager à soumettre les publications scientifiques (texte intégral) issues de chaque projet de recherche à une archive ouverte, soit directement dans HAL, soit via une archive institutionnelle locale – conformément aux conditions définies à l’article 30 de la loi française “Pour une République numérique”. En outre, l’ANR recommande de privilégier la publication dans des revues ou des ouvrages en accès ouvert.

-Contribuer à l’ouverture des données quand cela est possible : l’ANR soutient les efforts d’harmonisation européens et internationaux sur la structure des données de recherche ouvertes en suivant le principe “aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire”. L’Agence attire l’attention des coordinateurs de projets de recherche sur l’importance de prévoir la gestion et le partage des données dès la phase de développement du projet. L’ANR demande que tous les projets financés à partir de 2019 élaborent un plan de gestion des données (Data Management Plan, DMP) où seront synthétisés les jeux de données que le projet va créer, leur évolution et la manière dont ils seront partagés, réutilisés et conservés à long terme.

-Coordonner des efforts aux niveaux national, européen et international : en l’espèce, il s’agit de la coopération avec la communauté française de la recherche et de l’innovation, représentée au sein du Secrétariat permanent du Comité pour la science ouverte, ainsi que de plusieurs initiatives d’échelle transfrontalière, dont l’appartenance à la cOAlition S.

En 2019, l’ANR a lancé un appel à projets flash intitulé “Open Science : Research Practices and Open Data”26. Il semble toutefois que l’on fasse peu mention de l’EOSC au sein de l’ANR.

Instituts de recherche extra-universitaires

Pour ce qui concerne l’élaboration d’une politique propre en matière de science ouverte et à l’égard d’EOSC, les organismes de recherche français présentent des niveaux de maturité différents. Actuellement, seuls le CNRS et l’INRAE disposent de politiques complètes en matière de science ouverte ou de données à l’échelle de leur organisation.

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Tableau 1 : RPO Open Science Policies

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Source : Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (non publié).

En général, le libre accès aux publications est plus enraciné en France que les politiques de données de recherche ouvertes. Pour les principaux organismes de recherche hors universités, deux des problématiques qui ont ralenti les avancées dans ce domaine relèvent de préoccupations concernant la protection de la propriété intellectuelle dans la recherche appliquée et du traitement des données de recherche ayant un caractère sensible. Ces questions ressortent plus nettement du côté du CEA et de l’INSERM, mais s’appliquent à des degrés divers à tous les organismes de recherche.

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a publié en 2018 une stratégie ainsi qu’une feuille de route pour la science ouverte, qui reposait sur sept objectifs principaux sous forme d’enjeux à réaliser.27 Ceux-ci concernent en premier lieu le libre accès aux publications et aux données de la recherche, avec les objectifs suivants :

-100 % des publications du CNRS issues de la recherche publique devraient être accessibles en accès ouvert. Les droits d’auteur ne doivent pas être transférés par des membres du CNRS aux éditeurs. De manière générale, la feuille de route encourage une publication rapide en accès ouvert, notamment par l’utilisation de serveurs de prépublication. La feuille de route soutient les plateformes de publication en libre accès qui offrent aux auteurs CNRS un accès et des possibilités de publication gratuits.

-Les données de recherche (données brutes, textes et documents, ainsi que les codes sources et logiciels) produits par les chercheurs ou leurs collaborateurs utilisant les plateformes CNRS doivent être rendues aussi accessibles que possible et être FAIR. La feuille de route préconise cinq mesures pour y parvenir. Il importe notamment de développer une culture de la gestion des données et d’échange entre acteurs, d’encourager la publication d’articles de données (ou data papers), de soutenir les infrastructures de recherche dans la création et la mise en œuvre de politiques de données, de fournir un service de stockage coordonné avec les instituts CNRS afin de parvenir à un archivage des données équivalent pour l’ensemble du personnel CNRS, et de créer un catalogue des entrepôts de données ou services associés au CNRS.

-Le Compte Rendu Annuel des Activités des Chercheurs (CRAC) inclut désormais le dépôt d’articles dans HAL parmi les critères d’évaluation pour tous les chercheurs CNRS. Plus récemment, le CNRS a créé une Direction des Données Ouvertes de la Recherche (DDOR).28

En ce qui concerne l’EOSC, le CNRS a élaboré un document intitulé CNRS institutes and the EOSC – status and vision29, qui montre que le CNRS est impliqué dans l’EOSC depuis sa création en 2016. Compte tenu de la participation de différents instituts, le CNRS a organisé des entretiens individuels avec les représentants de chacun d’entre eux. Il en est ressorti que le CNRS participait déjà à un grand nombre de projets liés à l’EOSC comme EOSCpilot, EOSC-Hub, EOSC-Pillar, XDC, TRIPLE, ESCAPE, ENVRI-FAIR, SSHOC et ENEAS, ainsi qu’à d’autres travaux associés. Ces entretiens ont permis de dégager quatre grands domaines d’intérêt pour les instituts du CNRS :

-FAIRisation des données pour permettre leur partage et leur réutilisation ;

-Création de référentiels de confiance sur lesquels les données conformes aux principes FAIR peuvent être stockées, gérées, curées et consultées ;

-Reprise et consolidation des services informatiques et de données existants dans un contexte plus large et dans une perspective à long terme ;

-Un accès transparent aux infrastructures de données et d’ordinateurs (hétérogènes) à travers les domaines et les technologies.

Coordonnée par l’unité I2NP3 du CNRS, une manifestation intitulée Journée EOSC au CNRS30, le 22 janvier 2020 a réuni les différents instituts pour discuter et répondre à plusieurs questions liées à l’importance de l’EOSC au sein du CNRS. Les opportunités et les risques liés à l’implication des acteurs du CNRS ont été abordés, ainsi que les prochaines étapes de l’ensemble de l’établissement au niveau national et européen. Le CNRS est par ailleurs membre de la nouvelle association EOSC.

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE, anciennement INRA) a publié dès 2016 sa charte pour le libre accès aux publications et aux données.31 Cette charte comporte un plan quinquennal qui instaure une approche systématique du partage des résultats de la recherche, visant à les rendre interopérables et à faciliter leur réutilisation. En 2020, l’INRAE a créé une nouvelle direction de la science ouverte (DipSO), dirigée par Odile Hologne. Le CNRS et l’INRAE y travaillent en étroite collaboration afin de développer des politiques de données cohérentes à partir des scénarios que sont la feuille de route du CNRS pour la science ouverte et de la charte de l’INRAE pour le libre accès aux publications et aux données. Concrètement, l’intérêt stratégique de l’INRAE se traduit par une participation active aux initiatives internationales en matière de données telles que la Research Data Alliance (RDA), GO FAIR et Global Open Data for Agriculture and Nutrition (GODAN). En 2020, l’INRAE a restructuré et allégé son portail de données afin de mettre en place une boîte à outils (DOI, DMP, articles de données, conseils sur le choix d’entrepôts et le partage des données) et de donner accès aux plateformes de stockage internes et aux catalogues de données de l’INRAE.

En ce qui concerne l’EOSC, un projet INRAE participant au programme Early Adopter de l’EOSC a été lancé à l’instigation du par le projet EOSC Hub.32 L’INRAE participe également au consortium EOSC-Pillar en tant que partenaire pour en soutenir les travaux au niveau infrastructurel et en relation avec des cas d’application concrets par un apport de données et de services afférents qui doivent être intégrés dans l’écosystème de données de l’EOSC.33 L’INRAE est également membre de la nouvelle association EOSC.

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) est le principal acteur français dans le domaine de la santé et de la recherche médicale. L’INSERM a signé la Déclaration de Berlin en 2003 et s’engage en faveur de l’Open Access en :34

-diffusant des informations sur les principes et les avantages de l’accès ouvert ;

-encourageant les membres des laboratoires de l’INSERM à soumettre toutes leurs publications dans HAL INSERM, qu’elles aient été publiées en mode traditionnel (dans des revues payantes) ou en accès ouvert ;

-promouvant une coopération au niveau national et international pour une transition vers une science “totalement” ouverte.

L’INSERM soutient les coûts de publication en libre accès ainsi que le référencement croisé entre les données de l’INSERM et les publications déposées dans HAL. Il encourage la gestion ouverte des données de recherche et annonce la création d’un portail de données INSERM avec des infrastructures de stockage liées afin de permettre une gestion locale des données à long terme.

L’INSERM doit répondre à plusieurs enjeux dans la mise en œuvre d’une stratégie de données pour son organisation. Tout d’abord, cet organisme est sous la tutelle conjointe du MESRI et du ministère de la Santé. En conséquence, les chercheurs doivent tenir compte de cadres de référence différents (politiques et lignes directrices) définis par chacun de ces ministères. Les chercheurs de l’INSERM effectuant des travaux dans les domaines médicaux et cliniques, la nature sensible des données qu’ils produisent pose de nombreux problèmes. Concilier la protection des données personnelles de santé et un partage universel des données c un problème aigu.35 Néanmoins, l’INSERM prend des mesures concrètes pour mettre en œuvre des pratiques de science ouverte, ce qui va s’accélérer à l’avenir. L’INSERM a également reconnu les préprints comme étant une forme valable de communication scientifique et a signé la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA). Il fait également partie du Comité national pour la science ouverte (CoSO).

Du côté de l’EOSC, l’INSERM est impliqué dans le projet EOSC-Pillar au travers de son Département des systèmes d’information (DSI) et l’Institut français de bio-informatique (IFB). L’INSERM assure notamment la responsabilité de  piloter un cas d’application bio-informatique visant à améliorer les interactions entre données informatiques pour différents outils initialement basés sur la plateforme Galaxy. L’INSERM prend également en charge des aspects de la gestion des données autour d’outils tels que Dataverse.36 Il continue à participer au projet EOSC-Life37 et adhère à la nouvelle association EOSC.

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) n’a pas encore de politique propre en matière de science ouverte ou de données, mais une charte pour la gestion des données est en cours d’élaboration38. Bien que le CEA ne dispose pas encore d’une politique commune de gestion des données de recherche, les équipes du CEA participent activement à de nombreux projets et collaborations en matière de données ouvertes. La base de données PRIMEDE, qui réunit un consortium international de 22 équipes pour constituer une ressource en ligne de données d’imagerie cérébrale de primates, en est un exemple.

En ce qui concerne l’EOSC, le Centre de compétence (CC) du hub EOSC a pour objectif d’évaluer si les services fournis par cette infrastructure sont adaptés aux cas d’application au sein de la communauté de la fusion nucléaire. Dans ce contexte, il a évalué avec succès l’accès aux données archivées avec OneData : dans sa dernière version, son installation a été une réussite et la réplication des données entre le CEA et l’organisation PSNC a été réalisée et évaluée.39 Le CEA est également membre de la nouvelle association EOSC.

Les données de base de ce rapport comprennent des entretiens avec trois scientifiques du CEA qui ont participé à des projets EOSC. Tous trois ont mentionné un manque de clarté quant au rôle futur de l’infrastructure et ont exprimé des préoccupations générales concernant la fourniture ou le partage de données sensibles du point de vue de la sécurité. Ces questions font ressortir combien les enjeux sont majeurs pour l’EOSC.

Bien que l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) n’ait pas de stratégie institutionnelle en matière de science ouverte, plusieurs de ses infrastructures ou partenaires associés, tels que SeaDataNet et le CNES, sont fortement impliqués dans des projets de clusters EOSC (ENVRI-FAIR) ainsi que dans un grand nombre de programmes internationaux, tels que Copernicus, qui impliquent le partage de données sur la mer.40 Il y a tout lieu de remarquer l’IFREMER parmi les organismes de recherche, car celui-ci a soutenu pendant de nombreuses années les systèmes de gestion de données, l’archivage professionnel et les services de données de base. Il est également le seul organisme de recherche français à disposer d’un budget propre pour les services de données (budget annuel de 2,5 millions d’euros). De longue date, l’intérêt de l’IFREMER pour la gestion des données se porte sur les données marines, écologiques et atmosphériques collectées par les chercheurs et les ingénieurs. Celles-ci proviennent de sources diverses - flottes de navires ou capteurs à distance - et sont souvent coûteuses à produire ou difficiles à reproduire.41  L’IFREMER met son service SeaNOE à disposition de la communauté mondiale de la recherche marine, rendant ainsi possible la publication et l’archivage gratuits de jeux de données scientifiques.

Au sein du hub EOSC du Marine Research Competence Centre Euro-Argo, les données sont synchronisées en permanence entre l’IFREMER et B2SAFE.42 En collaboration avec le CNRS, l’IFREMER participe également au projet EOSC-Pillar, en particulier aux volets de mises en œuvre associés à des cas d’application au sein de l’infrastructure.

Le tableau ci-dessous synthétise la participation des organismes français aux projets EOSC.

Tableau 2 : Chiffres de référence pour les organismes de recherche

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Source : Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (non publié).

Comme indiqué par ailleurs, la plupart de ces organismes de recherche sont déjà membres de la nouvelle association EOSC. De même, quelques autres prestataires de services français (RENATER), des infrastructures (ESRF) et des ERIC (DARIAH) ont déjà rejoint l’association.

Universités

Bien qu’on en fasse peu état actuellement, les universités et les grandes écoles françaises comptent parmi les acteurs importants de la recherche en général et du mouvement OpenScience en particulier. Les établissements d’enseignement supérieur français évoluent vers un engagement plus profond en faveur de la science ouverte, notamment les aspects accès ouvert, comme le montrent les statistiques de l’archive ouverte HAL. En général, les universités semblent toutefois moins avancées que les organismes de recherche non universitaires en ce qui concerne la mise en application de la science ouverte dans leur organisation. Sur les dix universités étudiées ici, seules deux disposent de stratégies concrètes : Sorbonne Université a publié43 une charte pour le libre accès aux publications en 2020, tandis que l’École des Ponts ParisTech a élaboré un plan visant les 100 % en libre accès ainsi que les 100 % de données ouvertes pour les projets financés par l’ANR ou pour les projets européens.44 Ces engagements forts pourraient être en rapport avec l’appartenance à la Conférence des écoles européennes d’enseignement et de recherche scientifique pour l’ingénierie avancée (CESAER). En général, l’open data est un sujet complexe pour les universités en France, car il est difficile d’identifier des indicateurs fiables aptes à mesurer la progression en matière d’ouverture. Un rapport de la Cour des comptes française sur les infrastructures numériques de l’enseignement supérieur et de la recherche pour l’année 2020 signale que 93 % des universités du pays ne disposent pas encore de stratégie ou de plan de gestion des données de la recherche.45

Du côté des projets EOSC, l’engagement des universités est également relativement limité. Une enquête menée par le CNRS (CNRS-EOSC) a révélé que seules quelques universités françaises sont partenaires dans des projets EOSC à l’heure actuelle. Les exceptions sont l’université d’Aix-Marseille et Sorbonne Université, impliquées dans deux projets pour la première et un projet pour la seconde. Les conclusions préliminaires de l‘“Enquête sur les initiatives nationales” réalisée par EOSC-Pillar46 font ressortir que la connaissance de l’EOSC n’est pas encore très répandue dans les universités françaises. Seules 15 de ces établissements (sur 65) ont répondu à cette enquête. Alors que la majorité des répondantes ont estimé que leur université pourrait tirer profit de l’EOSC, certaines ont estimé que l’infrastructure ne leur serait d’aucune utilité ou qu’elles ne savaient pas ce qu’elles pouvaient en attendre. Dans l’ensemble, ce faible nombre de réponses marque plutôt une absence générale de sensibilisation à l’EOSC. Certaines universités sont toutefois impliquées dans une plus modeste mesure dans l’EOSC par le biais de réseaux universitaires ou d’associations dont elles sont membres. C’est le cas de l’Université Paris-Saclay, de l’Université Grenoble Alpes, de ParisTech et de l’INSA Lyon, qui sont tous membres du CESAER.

Enquête EOSC-Pillar France : Universités

Seules 15 universités françaises (sur un total de 65) ont participé à cette enquête. Alors que la majorité des répondants pensent que l’EOSC sera très bénéfique, beaucoup ont néanmoins fait remarquer qu’ils ne savaient pas quelle valeur ajoutée ils pouvaient en attendre, et une minorité n’entrevoyait aucun bénéfice. A l’inverse, les neuf universités belges interrogées font état d’attentes tout à l’opposé de cette dernière position. En ce qui concerne les infrastructures de recherche françaises, 78 % des répondantes ont indiqué qu’elles bénéficieraient de l’EOSC, soit une majorité nette, mais inférieure en pourcentage à la Belgique, par exemple (89 %). En Allemagne et en Italie, la plupart des répondantes ne savent pas encore ce qu’elles peuvent en attendre. Ces chiffres ne sont certes pas représentatifs pour autant, vu la faible participation à l’enquête.

Source : Pilier EOSC D.3.1.

[]{#_bookmark9 .anchor}INFRASTRUCTURES

En ce qui concerne les infrastructures, on distingue les infrastructures de recherche (IR), qui fournissent a) des plateformes technoscientifiques pour différents domaines disciplinaires et b) des infrastructures spécifiquement dédiées à l’information scientifique (e-infrastructures).47 Ces deux types d’infrastructures sont des acteurs importants de l’écosystème de recherche français, et donc de l’EOSC, dans la production, le traitement et la réutilisation des données.

La feuille de route nationale pour les infrastructures de recherche48 (FNIR) répertorie les principales infrastructures de recherche et institutions scientifiques dans toute la France. Il constitue un document de référence stratégique importante pour la science ouverte, car les infrastructures de recherche sont des producteurs de données essentiels et jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre de l’open data, tant au niveau national qu’international. Les politiques adoptées par les grandes infrastructures et autres plateformes technologiques scientifiques (p. ex. utilisation et valorisation des données au sein de leur propre organisation, régimes d’accès pour les acteurs extérieurs) devraient avoir un effet de vague sur les différentes communautés scientifiques qui mènent également leurs recherches grâce aux qui y sont produites, traitées et stockées. Dans la version 2018 de la FNIR, Frédérique Vidal (la ministre de la Recherche) a souligné qu’une harmonisation plus large des pratiques de gestion des données était indispensable :

A l’heure où de nombreux chercheurs, financeurs et organismes de recherche reconnaissent les avantages d’une meilleure gestion des données, je me félicite des efforts déployés par la France pour assurer la pérennité des données de recherche issues de ses infrastructures. La responsabilité de l’État est engagée non seulement en termes d’alignement des politiques d’ouverture des données mais aussi en termes de ressources humaines à mettre en place pour y parvenir. C’est tout le sens notamment de la récente décision du gouvernement de mobiliser le calcul à haute per formance pour soutenir son action en Intelligence Artificielle.49

HAL (Hyper Articles en Ligne)50 est la plateforme nationale d’archives ouvertes multidisciplinaires pour les publications et les thèses des établissements d’enseignement supérieur et de recherche français. Créée en 2001 par le Centre de Communication Scientifique Directe (CCSD) du CNRS, elle a été ouverte à l’ensemble du secteur français de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre d’une convention inter-établissements en 2013. HAL assure l’archivage d’articles de revues en pré- ou post-publication, de contributions à des colloques, de ouvrages et d’autres ressources documentaires pour plus de 380 disciplines dans 13 domaines scientifiques. Les soumissions à HAL sont soumises à un contrôle de qualité qui vérifie la conformité technique des formats de fichiers, leur cohérence et leurs métadonnées, le respect des directives de l’éditeur et la scientificité des documents. HAL héberge des archives institutionnelles adaptés sur mesure (des portails) pour les organismes de recherche non universitaires et les établissements d’enseignement supérieur, leur permettant de mettre en partage leurs archives institutionnelles et leurs ressources grâce à cette plateforme. Elle offre des solutions techniques d’accès ouvert à de nombreuses plateformes françaises de modeste taille ainsi que des services liés à l’hébergement pérenne pour la conservation à long terme auprès du CINES. HAL est connecté à plusieurs serveurs internationaux, dont ArXiv, PubMed Central, RePEC et OpenAIRE. Il convient toutefois de noter que l’archive HAL est loin d’être la seule ressource utilisée par les chercheurs français. La base de données OpenDOAR répertorie 151 autres archives OA institutionnelles en France.51 Toutefois, étant la seule plateforme OA d’échelon national, les tendances qui se manifestent sur HAL donnent grosso modo l’image la plus juste de ce qui se passe dans ce domaine.

Entrepôts et banques de données de données ouvertes : en ce qui concerne la création de contenus FAIR (banques de données et archives) et des normes afférentes, le site web52 de FAIRsharing place la France au quatrième rang derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. FAIRsharing a identifié 131 bases de données et 292 catalogues répertoriant normes et ontologies pour le partage de données selon ces principes dans un large éventail de domaines de recherche en France. Le site web R3Data53 recense 113 entrepôts de données thématiques en France. Cependant, la liste la plus complète des entrepôts de données français est le wiki CatOpiDor54, développé par la DIST du CNRS. OPIDoR offre à la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche une série d’outils et de services gratuits pour les données de la recherche, ainsi que des conseils et des modèles pour l’élaboration de plans de gestion des données. Le portail répertorie 117 dépôts de données institutionnels, régionaux ou thématiques, ainsi que 39 outils ou services destinés à aider les chercheurs à gérer leurs données. Les deux principales plateformes en France qui offrent des services pour l’archivage à long terme et la curation des données de recherche sont le CINES55 et HUMA-NUM.56

Hormis les organisations impliquées dans les projets de clusters EOSC, une proportion relativement limitée des 99 infrastructures de recherche57 répertoriées dans la FNIR sont directement impliquées dans l’EOSC à ce stade, mais toutes sont de futures parties prenantes potentielles.

Source : Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (non publié).

e-Infrastructures : le Réseau National de Télécommunications pour la Technologie, l’Enseignement et la Recherche (RENATER)58 est l’épine dorsale Internet qui irrigue le monde de la recherche et de l’éducation en France. RENATER a participé au pilote EOSC principalement par le biais du « projet Pico2 pour les centres informatiques connectés », qui a offert une meilleure connectivité réseau entre les mésocentres et les projets scientifiques.

La France dispose de quatre centres de données nationaux qui peuvent potentiellement être connectés à l’EOSC. En dehors de ces grands sites nationaux, 30 centres de moindre importance, financés au niveau régional, offrent des services de connaissances intégrés (IKC) et de stockage de données sur tout le territoire national.

En conclusion pour la France, les organismes de recherche sont généralement plus avancés que les universités sur les questions de science ouverte, d’une part parce qu’ils gèrent la plupart des infrastructures de recherche, mais aussi parce qu’ils maîtrisent les compétences techniques de base pour mettre en œuvre des solutions institutionnelles. De manière générale, la France devrait renforcer sa capacité infrastructurelle à gérer les données de recherche à l’aide de solutions en nuage et encourager une réflexion holistique entre les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Degrés de FAIRisation59 : Le premier des critères FAIR est la possibilité de trouver des informations. À cet égard, la France s’en tire avec le plus mauvais résultat parmi les pays étudiés ici. Actuellement, seuls 32 % des entrepôts de données proposent une fonction de recherche pour les métadonnées et seulement 21 % pour les données. C’est le pourcentage le plus bas parmi les pays de l’enquête. Cependant, 37 % au total indiquent que des fonctions de recherche sont en cours de mise en œuvre. La possibilité de formuler des requêtes de données en langue anglaise est encore rare, ce qui ne favorise pas les utilisateurs internationaux.

[]{#_bookmark10 .anchor}FORMATION, COMPÉTENCES, CULTURE ET SENSIBILISATION

La sensibilisation à l’EOSC est relativement faible à l’échelle de la France. Seul un cinquième des universités et un quart des infrastructures de recherche déclarent être familiers avec l’EOSC. En revanche, 60 % des infrastructures TIC se disent connaître l’EOSC. Pour ce qui est d’être activement impliquées, 5 % des universités indiquent qu’elles contribuent d’une manière ou d’une autre à l’EOSC, contre 39 % des infrastructures de recherche et 48 % des infrastructures TIC.60

[]{#_bookmark11 .anchor}ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC AUX PAYS-BAS

[]{#_bookmark12 .anchor}RÉSUMÉ

Aux Pays-Bas, la science ouverte est également bien ancrée au niveau gouvernemental, et l’on remarque surtout le fort engagement lors de la présidence néerlandaise du Conseil. Dans le domaine de la science ouverte, le National Programme Open Science (NPOS) et le National Plan Open Science correspondant coordonnent les activités des acteurs néerlandais. L’accent est mis ici sur l’approche ascendante, qui englobe aussi bien les universités que les organisations non universitaires telles que le Data Archiving Network Services (DANS), la Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek (NWO) et bien d’autres. Les Pays-Bas sont engagés dans de nombreux domaines de la science ouverte (par ex. Incentives and Rewards) et ont des objectifs ambitieux, qui n’ont toutefois pas encore pu être entièrement atteints dans le domaine de l’Open Access pour les publications (objectif : 100% d’ici 2020). L’intégration de l’EOSC dans la science ouverte semble opérer actuellement pour l’essentiel dans deux domaines : la participation active et diversifiée des organisations néerlandaises aux projets EOSC financés par l’UE et l’implication de personnalités du pays dans la gouvernance de l’EOSC. Ainsi, le coordinateur national pour la science ouverte a également présidé le bureau exécutif de l’EOSC et maintenant l’association EOSC depuis fin 2020. Avec la NPOS FAIR Data Table, un forum temporaire a en outre été créé pour les parties prenantes de l’EOSC, dans le but de coordonner les activités correspondantes. Les Pays-Bas ont par ailleurs fortement investi dans les infrastructures de recherche : les infrastructures d’information sont gérées par la coopérative SURF et il existe en outre toute une série d’organisations et d’initiatives dans le domaine de la gestion des données (entre autres GO FAIR). Les plus de 30 initiatives et organisations différentes dans le seul domaine de la gestion des données de recherche61 ne semblent toutefois pas toujours nettement distinctes et il n’est pas facile de se former une vue d’ensemble. Un certain regroupement serait donc tout à fait souhaitable dans le cadre de l’intégration de l’EOSC. La nécessité de développer cet aspect a été soulignée lors d’un atelier de DANS sur la formation.

[]{#_bookmark13 .anchor}POLITIQUES ET GOUVERNANCE

Structures et niveau gouvernementaux

Pour certaines de ses parties, la planification en matière de science ouverte peut être perçue - surtout en ce qui concerne la gestion des données – comme découlant de la programmation scientifique du pays (Agenda national des sciences), élaborée en 2016 par la Knowledge Coalition62, qui regroupe les principaux organismes de recherche néerlandais, et se structure autour de grandes axes thématiques (des actualisations ont été effectuées depuis).

L’Appel d’Amsterdam63 (2016) a été lancé pendant la présidence néerlandaise de l’UE et a été élaboré comme un processus ascendant, il cible plus particulièrement la science ouverte. Celui-ci a été mis en œuvre en 2017 dans le cadre du Plan national pour la science ouverte64 du pays et a impliqué les acteurs suivants :

-Les scientifiques et chercheurs : universités néerlandaises, Académie royale néerlandaise des sciences et des arts (KNAW), la Young Academy, le PhD Candidates Network des Pays-Bas (PNN) et PostdocNL.

-les établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que les bibliothèques : l’Association des universités des Pays-Bas (VSNU), l’Association néerlandaise des hôpitaux universitaires (NFU), l’Association néerlandaise des écoles spécialisées supérieures (VH65), la Bibliothèque royale (KB), le Consortium néerlandais des bibliothèques universitaires et la Bibliothèque nationale des Pays-Bas (UKB) et les centres informatiques du College of Directors University (CvDUR)66.

-Les institutions politiques gouvernementales et de financement : le ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sciences, le ministère des Affaires économiques, l’Organisation néerlandaise pour la science (NWO) et l’Organisation néerlandaise pour la recherche et le développement en matière de santé (ZonMw).

-Les organismes d’appui aux organisations et les plates-formes scientifiques : Archive des données et services en réseau (DANS), le Centre néerlandais eScience, le Techcenter néerlandais pour les sciences de la vie (DTL), le 4TU, le Centre pour les données de recherche, l’organisation collaborative pour les TIC dans l’enseignement et la recherche néerlandais (SURF), le Pôle de coordination national pour la gestion des données de recherche (LCRDM), l’Association néerlandaise des hôpitaux universitaires (NFU) (Data4lifesciences) et l’infrastructure néerlandaise pour la recherche en médecine et santé personnalisées (Health-RI).

Ce plan a été lancé par une lettre67 de Sander Dekker, alors secrétaire d’État à l’éducation, aux sciences et à la culture, adressée à la Chambre basse néerlandaise en janvier 2017, dans laquelle il informait les parlementaires sur le rôle de la science ouverte dans le système scientifique national et soulignait les progrès réalisés dans ce domaine.

Le plan est fortement orienté vers l’action et se concentre sur trois domaines en ce sens :

-la promotion du libre accès aux publications (avec un objectif ambitieux de 100 % de libre accès en 2020),

-la promotion de l’utilisation et de la réutilisation optimales des données de recherche,

-l’adaptation des systèmes de réputation et d’incitation dans la recherche aux objectifs de la science ouverte.

D’autres thèmes, tels que l’éducation ouverte, les logiciels ouverts ou l’ouverture des données de l’administration publique, seront éventuellement abordés ultérieurement par la plateforme.

Les organisations scientifiques participantes se sont explicitement engagées à mettre en œuvre le plan dans une “Open Science Declaration” signée en parallèle. Il s’en est suivi qu’une plateforme d’acteurs a été créée, le “National Programme Open Science” (NPOS). Elle a été mise en place par le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Science (Ministerie van Onderwijs, Cultuur en Wetenschap, OCW), ministère clé dans l’élaboration de la politique scientifique néerlandais. La plate-forme se compose des 17 principaux acteurs de la science ouverte, dont la VSNU, la NFU, la VH, la KNAW, la NWO, ZonMw, la KB, le réseau des doctorants PNN et l’initiative GO FAIR. Outre un secrétariat qui appuie les membres sur le plan de l’organisation et du contenu, un groupe de pilotage est en place ainsi qu’un coordinateur national pour la science ouverte, désigné par le groupe de pilotage en février 2018. Le titulaire de ce poste, Karel Luyben de l’Université de Delft, a également été à la tête du comité exécutif de l’EOSC lors de la deuxième mandature et préside l’association EOSC depuis fin 2020.

Le contenu du NPOS retient quatre thèmes fondamentaux : 100 % d’accès ouvert en 2020, réutilisation optimale des données de recherche, reconnaissance et rétribution des chercheurs et, plus généralement, soutien à la science ouverte. En mai 2019, le programme a été divisé en dix groupes de projets concrets, pour lesquels les résultats seront publiés au fil de l’eau sur son site web68. À ce jour, seul le projet A, sur les coûts de transition vers l’accès ouvert est terminé. Pour le projet C1 sur les ouvrages en libre accès et le projet E sur le paysage néerlandais des données, on est en présence dans les deux cas de documents d’étape.

Le Conseil consultatif pour la science, la technologie et l’innovation (Adviesraad voor wetenschap, technologie en innovatie, AWTI) est un organe consultatif permanent relevant de la compétence du ministère des Sciences, l’OCW. Il se compose de dix experts au maximum, nommés à titre personnel et qui siègent en leur nom propre. Le conseil choisit ses thèmes de manière autonome et répond également aux demandes externes. Ainsi, à l’occasion de la présidence néerlandaise du Conseil de l’UE, l’AWTI a élaboré un document de position détaillé sur libre accès et le partage des données, intitulé “Dare to share”,69 dont les recommandations se retrouvent dans les développements ultérieurs et reflètent également l’orientation de la politique scientifique néerlandaise sur l’UE.

Trois recommandations générales ont été formulées à l’adresse tout autant du ministère de la Science et que celui de l’Économie :

1 : Le mouvement du libre accès ne doit pas être compris comme un mouvement interne à la science, mais comme une évolution qui permet une meilleure utilisation du savoir scientifique dans son ensemble.

2 : La mise en œuvre effective de la science ouverte devrait se faire par le biais de plans directeurs nationaux pour le libre accès et le partage des données.

3 : La politique néerlandaise en matière de science ouverte devrait, dans la mesure du possible, se déployer en suivant les lignes directrices de l’UE.

L’objectif affiché à de nombreuses reprises en l’espèce est “100 % en accès ouvert en 2020”. Pour regrouper les nombreuses initiatives dans ce domaine, le site https://ww.openacces.nl/en a été mis en place. Après de nettes augmentations du nombre de publications en accès ouvert passées de 43 % en 2016 à 51 % en 2017 puis 59 % en 2018, aucune croissance notable n’a en revanche été observée en 2019 (60 %). Ce sont les chiffres que fait apparaître le portail d’information sur la recherche NARCIS.70

Pour atteindre ces objectifs nationaux de libre accès, des contrats de transformation sont conclus depuis 2014 avec des éditeurs scientifiques (cf. également le projet DEAL en Allemagne).71 Les associations universitaires, l’association des bibliothèques UKB et SURFmarket, ainsi que la NWO sont actives dans ce domaine. Les résultats sont publiés sur le portail d’information consacré à l’accès ouvert.72 Les contrats de transformation font partie d’une feuille de route sur l’accès ouvert élaborée par les universités néerlandaises à partir de 2013.73 Au printemps 2020, la NWO et les associations universitaires VSNU et NFU annoncent la conclusion d’un contrat de transformation avec Elsevier. Ceci est perçu aux Pays-Bas comme un progrès décisif, car des négociations similaires avec Elsevier en Allemagne et ailleurs ont été extrêmement ardues. Ce contrat de transformation a été négocié avec l’éditeur pour tous les chercheurs néerlandais et comprend, outre la possibilité de publier en accès ouvert et celle de pouvoir lire librement les revues du portefeuille d’Elsevier, le développement de services de science ouverte en collaboration avec les partenaires.74

Le Programme national Science ouverte est révisé en mai 2019. En octobre 2020, sept projets sont en cours, dont l’un porte sur la science citoyenne, ce qui traduit un élargissement du plan par rapport à 2017. Un projet sur les coûts de transition vers le libre accès s’est achevé en septembre 2019 avec un rapport final des sociétés de conseil Robert Consultancy et du groupe Technopolis.75 Des documents provisoires sont disponibles pour un projet sur les livres en libre accès et un autre sur le paysage des données néerlandais. En septembre 2019, le projet Accelerate Open Science a été lancé76 afin de mieux recenser les différentes initiatives de science ouverte aux Pays-Bas, notamment en regroupant les informations et en organisant des activités communes. La coordination est assurée par le prestataire de services informatiques central SURF.

En matière de développement politique de la science ouverte, les Pays-Bas peuvent être considérés comme l’un des pays les plus progressistes : actuellement, le système scientifique néerlandais se penche sur la question de savoir comment la thématique de la reconnaissance et de la rétribution de l’activité de recherche et des chercheurs peut être organisée à l’avenir. Une prise de position77 rédigée par d’importants organismes opérateurs et financeurs de recherche met notamment en exergue la qualité de la recherche comme facteur déterminant pour la reconnaissance de la science par opposition à la quantité de publications. En outre, ce document appuie ses orientations sur la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche, les fameux principes DORA.

En parallèle des thèmes du libre accès et des mécanismes d’incitation, celui de la gestion des données de recherche compte parmi les trois points essentiels du plan néerlandais pour la science ouverte. Celui-ci énumère les nombreuses approches adoptées par les principaux acteurs pour porter une bonne gestion des données dans la planification des travaux de recherche, leur réalisation et lors de la publication des résultats, ainsi que la création de données FAIR :

Acteurs et mesures aux Pays-Bas

  • DANS propose une assistance pour l’élaboration de plans de gestion des données78 et des services d’appui par un système d’entreposage et de gestion de données de recherche en ligne Dataverse79 et la plate-forme d’archivage EASY80;

  • Les bibliothèques universitaires offrent soutien et conseils, l’UKB jouant le rôle de coordinatrice ;

  • La NWO applique une politique qui veut que tous les projets de recherche financés doivent soumettre un plan de gestion des données et recommande l’outil en ligne dmponline pour ce faire.81 Depuis janvier 2020, il est également possible d’utiliser un modèle de gestion des données de sa propre institution - à condition qu’il soit approuvé par la NWO et qu’il soit conforme aux prescriptions fondamentales définies en la matière82 par Science Europe83. Au 27 mai 2020, c’est le cas de trois universités, d’un centre médical et d’une haute école en sciences appliquées. Fondamentalement, la NWO prescrit comme principe cardinal pour la publication des données de recherche qu’elles doivent être « aussi ouvertes que possible, aussi fermées que nécessaire ». En outre, les principes FAIR doivent être respectés afin d’augmenter les bénéfices pour la communauté scientifique et la société dans son ensemble ;

  • l’eScience Center84 propose son expertise sur différents sujets liés aux données de recherche ainsi qu’une formation à l’utilisation d’outils relevant de la science ouverte ;

  • dans le domaine des sciences de la santé, plus de 70 acteurs différents se sont réunis pour créer une infrastructure de données de recherche dans ce secteur sous le label Health-RI85. Dans ce contexte, un manuel sur l’administration de données (data stewardship) a été élaboré ;86

  • La Coalition néerlandaise pour le partage des données regroupe différents acteurs économiques dans ce domaine ;87

  • Le plan consacre également trois ambitions dans le domaine de la réutilisation des données de la recherche : le développement d’un système cohérent permettant un accès équitable à ces données, l’élaboration d’une politique de conservation à long terme et la mise à disposition de technologies à cette fin.

La plateforme sur laquelle les offres de gestion des données de recherche doivent être collectées s’appelle National Coordination Point Research Data Management88 (LCRDM), une initiative de VSNU, de SURFsara, du 4TU.Centre for Research Data Management et de DANS. Le programme de travail du LCRDM a été complété en 2019 par les points « Gouvernance » et « Administration des données (Data Stewardship ) ».89

La plateforme Research Data Netherlands (RDNL)90 est une initiative de 4TU.Research Data, DANS et SURFsara, et son objectif de base paraît à première vue similaire à celui de LCRDM. Dans l’ensemble, RDNL ne semble toutefois pas particulièrement active, mais se présente plutôt comme une collection d’offres plus disparate, lesquelles semblent en revanche plus complètes chez LCRDM.

Le Plan national pour la science ouverte prévoit en outre l’élaboration d’un “nuage national pour la science ouverte” (NOSC). Toutefois, un tel nuage ne semble pas avoir été mis en œuvre depuis lors.

L’EOSC est actuellement déployé par le biais d’une série de projets financés par le programme-cadre de recherche Horizon 2020. Les institutions néerlandaises y sont engagées de diverses manières. Sur les 98 signataires de la déclaration de l’EOSC, plus de 22 institutions se trouvent aux Pays-Bas, dont la NWO, SURF, GO FAIR et GÉANT.

Un forum EOSC pour les parties prenantes néerlandaises a été mis en place temporairement début 2021 avec le programme national Open Science (NPOS) FAIR Data Table91. L’objectif de cette structure est, entre autres, de coordonner les activités EOSC nationales, d’améliorer les échanges entre les parties prenantes et de renforcer les compétences propres à l’EOSC dans le pays.

L’archive de données DANS participe avec des partenaires d’infrastructures scientifiques de six autres États de l’UE ainsi que du Royaume-Uni au consortium EOSC-Synergy92 - un projet dans la ligne de financement de l’UE Coordination of EOSC-relevant national initiatives across Europe and support to prospective EOSC service providers. Ce consortium a pour objet de veiller à la mise en œuvre de l’EOSC au niveau national en soutenant les structures existantes et en en créant de nouvelles. Entre autres thèmes, la ligne Software Quality as a Service joue un rôle central. Par le biais de la fondation GO FAIR,93 des liens sont établis en outre avec le consortium EOSC Nordic94, qui a pour objectif de coordonner les initiatives nationales des pays nordiques et baltes. Le projet EOSC FAIRsFAIR95 Fostering FAIR Data Practices in Europe est coordonné par la KNAW. Les Pays-Bas participent au projet d’infrastructure central EOSC-Hub96 avec différents partenaires. Le projet est également coordonné par la fondation EGI97, dont le siège est aux Pays-Bas. La fondation GO-FAIR (GFF) est partenaire du projet EOSC-Secretary. Karel Luyben, ancien recteur de l’université technique de Delft et coordinateur national de la science ouverte, a co-présidé le conseil exécutif de l’EOSC et assure désormais la direction de l’association EOSC.

Participation néerlandaise à l’EOSC : les “faiseurs” de l’EOSC

  • DANS est le chef de projet de FAIRsFAIR. L’objectif de FAIRsFAIR est d’aider les organes directeurs de l’EOSC à établir des règles conformes aux principes FAIR pour la participation à l’infrastructure. Ces règles seront conçues pour assurer la conformité FAIR des composantes et des pratiques. En outre, FAIRsFAIR rendra accessible et, par le fait, diffusera toutes les connaissances, l’expertise, les directives, les mises en œuvre, les nouvelles voies, les cours et la formation nécessaires pour la réalisation des principes FAIR.

  • SURF, DANS, l’université d’Utrecht, Astron, KNMI et l’institut Meertens font partie du projet EOSC-Hub, qui élabore la philosophie du hub en tant que système d’intégration et de gestion du futur EOSC. Le chef de ce projet est la fondation EGI d’Amsterdam.

  • DANS est partenaire du projet FREYA - dont l’objectif est de déployer l’infrastructure des identificateurs pérennes (PID) en tant que composante essentielle de la science ouverte dans l’UE et dans le monde. DANS est également partenaire du projet pilote EOSC.

  • CentERdata et DANS font partie du Social Sciences & Humanities Open Cloud (SSHOC).

  • DANS et la fondation EGI font également partie d’EOSC-Synergy - un projet qui chapeaute la coordination d’EOSC sur neuf pays participants. Il s’agit d’harmoniser les politiques et de faire converger les infrastructures de recherche en ligne, les données scientifiques et les services thématiques néerlandais pertinents, comblant ainsi les lacunes entre les initiatives nationales et l’EOSC.

  • L’EGI est le coordinateur du projet de hub EOSC et un partenaire du Photon and Neutron Open Science Cloud (PaNOSC) et d’ExPaNDS (EOSC Photon and Neutron Data Service).

  • Les Pays-Bas sont représentés dans divers autres groupes de travail de l’EOSC.

Au niveau de l’UE, les Pays-Bas se sont publiquement prononcés, avec l’Allemagne, en faveur d’une mise en œuvre rapide de l’EOSC (réunion du Conseil du 30 mai 2017 - communiqué de presse98).

Financeurs de la recherche

Le principal organisme de financement de la recherche est la Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek (Organisation néerlandaise pour la science, NWO). La structure de la NWO se caractérise par quatre domaines et des instituts de recherche largement indépendants. La NWO s’engage dans le mouvement du libre accès depuis 2005 environ. Elle joue également un rôle central dans la promotion des infrastructures de recherche. Depuis 2015, la NWO accomplit un processus de transformation qui a été exposé dans son nouveau document stratégique pour 2019 à 2022. Cette stratégie affiche cinq ambitions, dont l’une porte sur des infrastructures de recherche accessibles et durables. Elle annonce dans ce document un programme d’investissement national pour les infrastructures à grande échelle, ce qui signifie en principe la mise à jour de la feuille de route nationale concernant les grands équipements de recherche.

La NWO accompagne la mise en œuvre du Plan national Open Science par des subventions et des politiques. Par rapport à la situation de 2015 ou 2016, les directives relatives à l’accès ouvert ont été à nouveau affinées. En conséquence, les publications issues de financements de la recherche doivent également être directement mises à disposition en accès ouvert au moment de leur publication. Aucun délai d’embargo n’est prévu. Les coûts des publications en libre accès sont directement inclus dans le budget “Material Credit” du financement des projets et peuvent s’élever jusqu’à 15 000 euros par an et par projet. Toutefois, ce budget ne peut être utilisé que pour des publications de la catégorie accès ouvert en voie dorée (pas en modèle hybride). Alternativement, il est en outre possible de procéder à un auto-archivage (deuxième publication) dans un entrepôt de confiance99. La NWO est devenue membre de l’association internationale cOAlition S100- un groupement de financeurs de la recherche fondé en 2018, qui œuvre à la transformation du système de publication scientifique en accès ouvert (Plan S). Après de larges consultations, la NWO prévoit d’appliquer les critères du Plan S à tous ses appels à projets à partir de 2021.101

Une étude publiée en 2020 par le centre bibliométrique CWTS de Leyde a révélé que le pourcentage de publications en accès ouvert couvrait 68 % de celles issues de financements de la NWO en 2018 et de 60 % pour celles soutenues par ZonMw (dans le domaine de la santé ou de la médecine). 102

En ce qui concerne plus particulièrement les infrastructures de recherche, la NWO a créé en son sein un comité permanent pour les infrastructures à grande échelle en 2015. Celui-ci est chargé de présenter des recommandations pour le développement des infrastructures physiques et numériques. Il est principalement composé de professeurs d’université de différentes disciplines, nommés sur proposition des académies, des universités et des hautes écoles spécialisées, de l’organisation syndicale et de différents départements de la NWO. La mise en place à titre permanent de ce comité a pour but, d’une part, d’alimenter la prise de décision à long terme et d’autre part, de mettre l’accent sur un équilibre durable entre l’identification de nouvelles entités et la garantie de continuité des infrastructures existantes. Le comité est également en charge des infrastructures de recherche de la feuille de route nationale, qui constituent depuis quelques années le socle de participation aux mesures de financement de l’ESFRI. Outre le comité permanent sur les infrastructures de recherche à grande échelle, un comité consultatif sur les infrastructures numériques a été créé et a publié un rapport sur le développement des infrastructures numériques en juin 2017.

Instituts de recherche extra-universitaires

Par rapport à l’Allemagne, les Pays-Bas comptent relativement peu d’instituts de recherche extra-universitaires. Les structures existantes se répartissent comme suit :

-Neuf instituts sont sous la tutelle de l’organisme de financement de la recherche NWO (par exemple l’institut d’astronomie ASTRON).

-15 instituts sont gérés par l’Académie néerlandaise des sciences KNAW (par exemple l’Institut international d’histoire sociale), dont DANS.

-Six sont des instituts TO2, c’est-à-dire des instituts de recherche appliquée (par exemple l’Organisation néerlandaise pour la recherche appliquée en sciences naturelles).

-Neuf sont des instituts de recherche des différents ministères (par exemple, la PBL Netherlands Environmental Assessment Agency, qui est une agence subordonnée au ministère des Infrastructures et de la Gestion de l’eau) (Analyse du système éducatif du DAAD).

Universités

Le système scientifique néerlandais se caractérise à la fois par une organisation centralisée et par une forte autonomie des universités. La recherche se déroule en grande partie dans les 14 universités de plein exercice, les huit centres médicaux universitaires qui y sont rattachés et les 37 établissements d’enseignement supérieur en sciences appliquées. Les universités sont organisées au sein de l’association VSNU. Celle-ci publie régulièrement des recommandations sur les évolutions actuelles dans l’enseignement supérieur, à l’instar de la feuille de route sur l’accès ouvert. Certaines de ces publications sont rédigées conjointement avec VH, une association qui rassemble 36 des établissements d’enseignement supérieur en sciences appliquées, ou la NFU, qui fédère les huit centres hospitaliers universitaires.

Avec les associations industrielles VNO-NCW et MKB Nederland, l’organisation de recherche technologique TO2 ainsi que l’académie des sciences KNAW et la NWO, forment ce qui s’appelle la Coalition de la connaissance qui a élaboré l’agenda scientifique national en 2015. En outre, il existe la 4TU.Federation, une association des universités techniques TU Delft, TU Eindhoven, l’université de Twente et, depuis 2016, l’université de Wageningen. Ces établissements collaborent étroitement dans le domaine de la recherche et de l’enseignement, par exemple dans le cadre de cinq programmes de master conjoints. L’un des services proposé est 4TU.ResearchData103, un centre de données doté d’une stratégie propre, dont les prestations peuvent également être utilisées, dans une certaine mesure, par les personnels de recherche d’autres universités.

[]{#_bookmark14 .anchor}INFRASTRUCTURES

Aux Pays-Bas, le financement des infrastructures de recherche est organisé depuis 2008 déjà, notamment via un processus de feuille de route nationale. À l’échelle internationale, les Pays-Bas ont ainsi été comparativement précurseurs. Dans un rapport de prospective publié en 2014 par le ministère néerlandais des Sciences, le niveau de développement des infrastructures de recherche néerlandaises est considéré comme exceptionnellement bon.104 Toujours est-il qu’une mise à jour et une poursuite du déploiement des infrastructures sont toutefois envisagées pour maintenir ce niveau à l’avenir.

Outre le comité permanent sur les infrastructures de recherche à grande échelle, un comité consultatif sur les infrastructures numériques a été créé et celui-ci a publié un rapport sur le développement des infrastructures numériques en juin 2017. Ce rapport appelait à renforcer les investissements dans les infrastructures numériques.105

L’organisation SURF est l’acteur central dans le domaine des infrastructures d’information. Il s’agit d’une structure portée par des institutions scientifiques néerlandaises sous la forme d’une coopérative.106 SURF gère le réseau de recherche néerlandais et propose un portefeuille de services dans le domaine du calcul hautes performances, des services en nuage, du stockage et des licences logicielles, une configuration à peu près comparable aux grands centres de calcul scientifique en Allemagne, mais avec l’objectif d’une couverture nationale. SURF est partenaire de plusieurs projets EOSC et participe également au programme national de science ouverte. SURF est soutenu par une centaine de membres et offre des infrastructures TIC par le biais de trois fournisseurs de services : SURFnet (exploitation du réseau de recherche), SURFmarket (acquisition de licences de logiciels, services en nuage, etc.) et SURFsara (calcul intensif (HPC), conseil en matière de gestion des données de recherche, etc.).

L’organe au sommet de SURF est constitué par son conseil des membres, où siègent des représentants de chacun des six secteurs suivants : les universités, les grandes écoles, les établissements supérieurs professionnels, la recherche extra-universitaire non commerciale, les centres hospitaliers universitaires et d’autres acteurs (comme les bibliothèques ou les instituts de recherche appliquée).

Avec le NWO, SURF cogère le Netherlands eScience Center107, qui joue un double rôle de promotion et d’expertise. Le centre eScience offre avant tout une expertise dans le domaine du développement de logiciels de recherche. Il met en relation les personnels de recherche des différents domaines scientifiques avec ceux du développement informatique. Dans ce contexte, il joue également un rôle important dans le soutien aux logiciels FAIR en tant que spécificité des données FAIR. À cet effet, le site web FAIR-Software108 a été lancé en novembre 2019 en collaboration avec DANS, afin de faciliter la conception de logiciels FAIR par les personnels de la recherche.

L’un des principaux acteurs dans le domaine de la mise à disposition à long terme des données de recherche est l’institut DANS, soutenu conjointement par la KNAW et la NWO109. DANS propose essentiellement trois services : DataverseNL pour le stockage de données à court terme (“court terme” signifie ici : pendant la durée du projet de recherche jusqu’à un délai fixé à dix ans après son achèvement), EASY110 pour le stockage de données à long terme et leur réutilisation, et le service national d’information pour la recherche NARCIS.111

Autre acteur essentiel dans le domaine des infrastructures : le 4TU.Centre for Research Data (voir supra), qui est une sous-branche du groupement d’universités 4TU. Sa mission porte sur le stockage à long terme des données de recherche. À cette fin, 4TU.Research Data propose un entrepôt de données dans lequel les chercheurs des universités membres de 4TU.ResearchData, la TU Delft, TU Eindhoven et l’université de Twente peuvent télécharger jusqu’à 1 To de données par an. En outre, la structure offre des services de conseil sur la gestion des données de recherche ainsi que deux « fonds de données », l’un pour la publication dans des revues de données et l’autre pour soutenir l’enrichissement et la valorisation des données (par exemple par l’ajout de métadonnées, la conversion en formats ouverts, etc.).112

Dans le domaine des sciences de la vie, plus de 50 institutions de recherche se sont regroupées au sein du partenariat public-privé Dutch Techcentre for Lifesciences (DTL).113 La plupart des universités et des centres hospitaliers universitaires néerlandais ainsi que de nombreuses entreprises sont partenaires de cette organisation. Son objectif est de mettre en place une infrastructure de recherche en réseau afin de faciliter la recherche interdisciplinaire dans les sciences de la vie. L’accent est mis sur les données FAIR. DTL fait également office de nœud néerlandais dans l’infrastructure de recherche européenne pour les sciences de la vie ELIXIR.114 ELIXIR se subdivise en cinq domaines, où DTL assure la prise en charge des chapitres “Infrastructure de calcul”, “Interopérabilité” et “Plateformes de formation”, car ces secteurs ont été identifiés comme des points forts au sein de la communauté bioinformatique néerlandaise. Les activités d’ELIXIR assurées à l’échelon du pays, sous la dénomination sociale ELIXIR-NL, couvrent principalement des ateliers, à l’image d’un hackathon comme Data Carpentry. ELIXIR-NL figure également parmi les infrastructures de recherche à grande échelle de la feuille de route nationale.

Au total, re3data115 recense 56 entrepôts ayant un lien avec les Pays-Bas. Par leurs tailles, ils sont très diversifiés et donc difficilement comparables. Il est toutefois frappant de constater que parmi les plus gros, on trouve principalement des entrepôts spécifiques à un domaine, comme OpenML116, spécialisé dans l’apprentissage automatique, proposé par l’Université technique d’Eindhoven et l’Université de Leyde et hébergeant actuellement 20 985 jeux de données, ou l’ERIC CLARIN117, une infrastructure de recherche européenne pour les ressources linguistiques numériques, à laquelle les Pays-Bas participent via le consortium CLARIAH118. Outre CLARIN, CLARIAH participe également à une autre infrastructure européenne de données pour les sciences humaines, à savoir DARIAH.119

Infrastructures clés avec engagement néerlandais

  • ELIXIR-NL DTL fait office de nœud néerlandais d’ELIXIR, l’infrastructure européenne de données pour les sciences de la vie.

  • HEALTH-RI : en 2025, cette infrastructure de la recherche aux Pays-Bas vise à faire progresser la recherche interdisciplinaire sur la médecine et la santé personnalisées et à optimiser la thérapeutique. L’objectif global est de permettre le développement des sciences et technologies à la marge dans le domaine de la médecine et de la santé personnalisées et de haute précision, avec des performances reproductibles élevées.

  • Le panel LISS est l’élément clé du projet néerlandais MESS (Mesure et expérimentation en sciences sociales). Il vise à permettre aux chercheurs de profiter des données existantes, d’exécuter des enquêtes par eux-mêmes ou de concevoir une expérimentation spécifique. Toutes les données LISS publiées sur le site web sont à la disposition des chercheurs des universités ainsi que des décideurs politiques.

  • L’infrastructure de données ouvertes pour les sciences sociales et les innovations économiques (ODISSEI) travaille au développement d’une infrastructure de recherche durable pour ce champ disciplinaire aux Pays-Bas.

  • OpenML est un écosystème ouvert pour l’apprentissage automatique. L’organisation en ligne de toutes les ressources et de tous les résultats vise à rendre la recherche plus efficace, plus utile, voire plus ludique.

  • Parelsnoer : l’Institut Parelsnoer (PSI), créé en 2007 par la NFU, offre aux chercheurs des huit hôpitaux universitaires comme d’autres institutions une infrastructure et une procédure standard pour la création, le développement et l’optimisation des banques de données biologiques cliniques destinées à la recherche scientifique.

  • Translational Research IT (TraIT) désigne une infrastructure durable pour la recherche en biomédecine translationnelle. Le projet informatique néerlandais a été lancé en octobre 2011 afin de relever les défis informatiques de ce domaine. TraIT permet l’intégration et la consultation d’informations dans les quatre principaux domaines concernés : clinique, imagerie, banques de données biologiques et dimension expérimentale (any-omics).

  • YODA est un environnement de partage de données de recherche à l’université d’Utrecht.

Les centres locaux de compétences numériques (DCC), financés par la NWO depuis fin 2020 à hauteur de 4,23 millions d’euros, soit jusqu’à 250 000 euros par institution, sont censés devenir un élément crucial du soutien à l’administration des données de recherche.120 Ces DCC doivent intégrer les compétences en matière de données (leur administration, ou stewardship), de logiciels et de calcul dans les universités, en regroupant les compétences des bibliothèques, dans l’accompagnement informatique, dans l’appui à la recherche et - là où elles existent – dans les initiatives entreprises localement en science ouverte. SURF doit également jouer un rôle central dans ce processus en offrant et en coordonnant l’apport en expertise.

L’initiative GO-FAIR joue un rôle significatif dans le paysage néerlandais des données de recherche.121 Elle repose sur trois piliers : GO CHANGE vise à promouvoir un changement culturel, GO BUILD à développer des standards techniques, des bonnes pratiques et des infrastructures pour soutenir les données FAIR, et GO TRAIN à développer un programme de formation pour familiariser les chercheurs avec les normes FAIR.

[]{#_bookmark15 .anchor}FORMATION, COMPÉTENCES, CULTURE ET SENSIBILISATION

DANS est membre du groupe de travail de l’EOSC Skills and Training. En 2019 et 2020, DANS a organisé des actions de formation : en 2019, celles-ci étaient placées sous le thème Open Day on Open Science : Love to share data par allusion à la Saint-Valentin122 ; en 2020, une séquence de trois jours a été consacrée explicitement à l’EOSC et aux futures actions de ce type dans ce contexte. L’atelier a permis de faire ressortir les points suivants :

Il existe désormais un volume important d’activités de formation à l’EOSC, avec livrables, et les expériences qui en découlent. Il est évident que cette dimension sera un élément important du développement et de l’évolution futurs de l’EOSC. Avec de nouveaux appels EOSC (INFRAEOSC) à l’horizon, et un nouveau groupe de travail sur les compétences et la formation à mettre en place en 2020, il semble que le moment soit venu de réunir les formateurs et de discuter des moyens d’améliorer l’offre en lien avec EOSC par sa qualité, sa visibilité, son accessibilité et la plus grande facilité de réutilisation des ressources d’apprentissage.123

[]{#_bookmark16 .anchor}ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC EN FINLANDE

[]{#_bookmark17 .anchor}RÉSUMÉ

En Finlande aussi, des travaux préparatoires de fond considérables ont été réalisés ces dernières années sur les thèmes de la science ouverte. Dans une évaluation déjà réalisée portant sur l’état de sa préparation à l’EOSC, la Finlande se détache nettement sur tous les critères, que ce soit dans les domaines de la science ouverte, les données ouvertes et l’accès à celles-ci, l’évaluation de la recherche et l’apprentissage ouvert.124 Le National Open Science and Research Steering Group réunit la communauté de la recherche, de sorte qu’il semble y avoir une grande “appropriation” collective des politiques ou recommandations développées. L’accent est également mis sur l’évaluation et au moins sur un suivi partiel, mais l’EOSC ne semble pas encore particulièrement ancré dans ce domaine. Néanmoins, les principaux acteurs finlandais s’intéressent de près à cette thématique, le Finnish Center of Expertise in Information Technology (CSC) jouant un rôle prépondérant et permettant en partie la participation d’autres acteurs finlandais. Actuellement, le processus est plutôt collaboratif et informel. Le nouveau forum EOSC finlandais jouera sans aucun doute un rôle important dans la mise en réseau de la communauté finlandaise sur ce thème et est déjà bien positionné vu sous l’angle de l’organisation et des personnels. En ce qui concerne les infrastructures, il existe en Finlande de nombreuses coopérations au niveau international, souvent par le biais du CSC. Les acteurs finlandais sont également représentés dans les projets de l’EOSC, et des représentants de ce pays sont également présents au sein du conseil de gouvernance intérimaire et de ses groupes de travail, ainsi que du partenariat et de l’association (CSC). Bien que la Finlande soit bien placée dans l’analyse du paysage relative à son état de préparation envers l’EOSC, on peut se demander dans quelle mesure l’EOSC a réellement atteint les chercheurs de la base, en particulier dans les universités. À cet égard, le forum EOSC finlandais pourrait contribuer significativement au renforcement de la sensibilisation et de la formation.

[]{#_bookmark18 .anchor}POLITIQUES ET GOUVERNANCE

Structures et niveau gouvernementaux

Le ministère de l’Éducation et de la Culture assure la responsabilité de la planification et de la mise en œuvre de la politique scientifique et de l’enseignement supérieur. Entre 2014 et 2017, il a lancé l’Open Science and Research Initiative (OSR/ATT).125 Cette initiative s’est appuyée sur une vaste collaboration entre les ministères, les universités, les instituts de recherche et les organismes de financement de la recherche. L’OSR a élaboré une feuille de route126, affichant l’objectif de faire de la Finlande l’un des pays leaders en matière de science et de recherche ouvertes à l’horizon 2017. L’initiative a également engendré un manuel qui s’adresse aussi bien aux chercheurs, aux groupes de recherche, aux organismes du secteur, aux décideurs et aux bailleurs de fonds, qu’aux citoyens, pour encourager l’utilisation et la promotion de la science et de la recherche ouvertes.

La science ouverte est un domaine de responsabilité dont le ressort a été confié à la Federation of Finnish Learned Societies (avec des fonds du ministère de l’Éducation et de la Culture), qui est désormais chargée de la “Open Science National Coordination”. Au total, 282 sociétés et quatre académies sont représentées dans cette fédération. Henriikka Mustajoki préside cette coordination nationale de la science ouverte.

Dans ce contexte, l’action de coordination repose fortement sur la coopération de l’ensemble du secteur de la science et de la recherche. Elle englobe les universités, les grandes écoles, les instituts de recherche, les agences de financement, les bibliothèques et les archives. Les principes suivants sont au cœur de la coordination :

-Elle est en elle-même ouverte et transparente.

-Elle se structure aussi simplement que possible et utilise les réseaux et les projets existants.

-Elle se concentre sur les questions clés de la science ouverte, celles-ci étant définies par la communauté scientifique.

-Le modèle de coordination s’appuie sur la coopération entre groupes de travail, groupes d’experts et groupes stratégiques.

L’Open Science National Coordination est dirigée par un groupe de pilotage composé de 20 membres issus d’universités, d’instituts de recherche et d’autres acteurs.127 L’objectif de ce groupe de pilotage national pour la science et la recherche ouvertes128 est de rassembler la communauté scientifique et de recherche autour de la promotion de la science ouverte. Toutes les organisations clés de la collectivité scientifique finlandaise ont désigné leurs représentants au sein de ce groupe de pilotage. Dans sa composition actuelle, il exercera ses fonctions jusqu’à la fin 2022. Il assure la préparation d’orientations et de recommandations en collaboration avec des groupes d’experts. Toutes les politiques et recommandations nationales sont alors proposées collectivement pour commentaires et résultent donc d’une consultation directe de la communauté scientifique. Le groupe de pilotage recueille ainsi les voix de la communauté et produit une orientation commune, ce qui l’amène à se réunir tous les deux mois.

Dans ce contexte, la Finlande est engagée avec d’autres pays au sein du Council of National Open Science Coordination (CoNOSC)129 qui a pour mission de faciliter la coordination inter- et transnationale de la science ouverte.

Dans le cadre du National Open Science and Research Steering Group, la communauté scientifique finlandaise a publié le 10 décembre 2019 une déclaration sur la science et la recherche ouvertes de 2020 à 2025.130 Cette déclaration ébauche une vision de la manière dont la science et la recherche ouvertes peuvent s’intégrer harmonieusement dans le travail quotidien des chercheurs. L’objectif commun est de promouvoir l’ouverture comme valeur fondamentale de la science, de renforcer l’importance de la recherche dans la société et d’accroître la mobilité et l’impact de ce secteur d’activité.

La déclaration définit les quatre objectifs stratégiques qui modèlent l’ouverture dans l’exercice des chercheurs et des scientifiques au jour le jour, à savoir:

-une culture de recherche ouverte,

-un accès ouvert aux publications de recherche,

-un accès ouvert aux données et aux méthodes de recherche ; et

-l’éducation ouverte et les ressources éducatives.

Tous les membres de la communauté scientifique finlandaise ont pu contribuer à la rédaction de la déclaration. Celle-ci a fait l’objet d’un cycle de commentaires adressé aux organismes de recherche puis d’un autre ouvert à tous. Ce processus a permis de donner à la déclaration une forme qui se veut refléter la compréhension qu’a la communauté concernée de la science et de la recherche ouvertes et l’importance pour elle que revêt le fait d’atteindre cette ouverture. En convenant de pratiques et de principes communs pour promouvoir ces deux objectifs, la communauté scientifique a créé – à partir de sa propre conception - un espace dans lequel la science et la recherche peuvent exister indépendamment de toute interférence extérieure. La déclaration représente également la réponse collective de la communauté scientifique finlandaise à la politique internationale en matière de science et de recherche ouvertes.

L’état d’avancement des policies131 sur ces sujets s’énonce comme suit :

-«  Open Access to Scholarly Publications » (accès ouvert aux publications scientifiques): une politique nationale propre et un plan d’exécution pour les années 2020 à 2025 existent déjà. Des activités sont également prévues pour les monographies, les publications professionnelles et les publications de recherche non textuelles.

-« Open Scholarship » (pratique académique et scientifique ouverte) : des recommandations sont en cours d’élaboration concernant des systèmes d’incitation pour les chercheurs, les enseignants et les groupes de recherche, ainsi que des services et d’autres pratiques visant à porter la science ouverte. Une politique sur la science citoyenne est également projetée.

-« Open Access to Research Data and Methods » (accès ouvert aux données et méthodes de la recherche) : une politique de libre accès aux données de la recherche est encore actuellement en cours d’élaboration ; une politique de libre accès aux méthodes de recherche est également prévue.

-« Policy for Open Education and Educational Resources » (une politique pour l’ouverture des enseignements et ressources éducatives) : La planification d’une politique est actuellement en cours.

Ces axes ont été déclinés dans des recommandations 132^i^ qui ont été rendues publiques suivant les thèmes et sous-thèmes suivants:

-Recommendations on Open Scholarship : portant sur de bonnes pratiques pour l’évaluation des chercheurs, elles mettent en avant une l’évaluation responsable des chercheurs en Finlande (2020) et des préconisations nationales envers une utilisation responsable des systèmes d’indicateurs (les métriques) propres aux publications (2020).

-Recommendations on Open Access to Research Data and Methods : elles proposent des préconisations pour l’utilisation d’identifiants pérennes concernant les jeux de données de recherche (2019), ainsi qu’en matière de propriété intellectuelle et sur l’attribution de licences aux données de recherche (2019) avec des instructions supplémentaires sur la planification de la gestion des données sensibles et confidentielles (2019).

-Recommendations on Open Access to Publications : il s’agit de lignes directrices à l’adresse des éditeurs scientifiques sur la création d’une politique responsable en matière de données (2020), de directives pour les chercheurs et les éditeurs scientifiques sur les licences ouvertes (2020), de recommandations sur l’accès ouvert aux publications scientifiques pour les institutions de recherche (2020) ; des recommandations pour les organismes de financement de la recherche et des recommandations sur des questions techniques sont également en cours d’élaboration.

-Open Education : des recommandations portent sur la publication de ressources éducatives ouvertes (2020).

Les prédispositions des institutions de recherche finlandaises envers de nouvelles cultures organisationnelles ouvertes aux infrastructures ont été évaluées dans le cadre de l’Atlas 2019 de la science et de la recherche ouvertes en Finlande133, publié par le ministère de l’Éducation et de la Culture. Cette évaluation a porté sur 38 établissements d’enseignement supérieur ainsi que sur douze instituts de recherche, trois grandes organisations nationales de financement de la recherche, quatre instituts universitaires et culturels finlandais à l’étranger et sept organisations de sociétés savantes et d’académies. Neuf des universités et sept des écoles supérieures de sciences appliquées du pays ont atteint le plus haut niveau de maturité, tout comme l’Académie de Finlande. Ces organisations gèrent l’ouverture de manière stratégique et investissent depuis de nombreuses années dans les compétences en en ce domaine. Toutefois, de nombreuses améliorations sont encore nécessaires, et l’implication des chercheurs dans des activités scientifiques et de recherche ouvertes est notamment citée.

Un grand nombre d’acteurs intéressés - dont des organismes de recherche, des financeurs de la recherche, des prestataires de services, mais aussi des acteurs de l’industrie - sont fortement impliquées dans le développement de l’EOSC à différents niveaux : a) en participant à la gouvernance européenne de l’EOSC (Bureau provisoire (Interim Board), nouvelle Association & Partnership), b) en s’engageant dans des projets qui lui sont liés ou encore c) via des prestations de services dans ce cadre. On pourrait détailler ces niveaux d’implication comme suit :

-Projets liés à l’EOSC (par exemple EOSC-Pilot, EOSC-Hub, EOSC-Nordic, EOSCsecretariat.eu, EOSC-Life, etc.) : le principal acteur en Finlande était le CSC - IT Center for Science Ltd.134, mais de nombreuses universités et chercheurs y ont également participé activement.135

-La gouvernance provisoire de l’EOSC entre 2018-2020 : le ministère finlandais de l’Éducation et de la Culture et l’Académie finlandaise étaient membres du conseil d’administration de l’EOSC. Des représentants finlandais ont participé aux groupes de travail EOSC suivants : Landscape (CSC, université de Tampere), FAIR (Open Science Centre de l’université de Jyväskylä), Architecture (fondation EGI), Rules of Participation (CSC), Skills & Training (université Aalto) et Sustainability (Federation of Finnish Learned Societies, fédération regroupant les sociétés savantes).136

-L’Association EOSC : en décembre 2020, le CSC - IT Center for Science Ltd. a adhéré à l’Association en tant que membre actif.

-Mise en place et coordination de l’EOSC au niveau national : forum finlandais de l’EOSC (voir infra).

En janvier 2021, le ministère finlandais de l’Éducation et de la Culture, l’Académie finlandaise, la Fédération des sociétés savantes finlandaises et le CSC - Centre informatique pour la science ont créé le Forum EOSC finlandais (EOSC-FF).137 Il s’agit d’un instrument de coordination de niveau gouvernemental, qui s’est fixé pour objectifs de :

-discuter et échanger des informations sur les derniers développements de l’EOSC et évaluer leur impact sur d’autres initiatives nationales

-représenter les intérêts collectifs de la Finlande dans l’EOSC en formulant une approche collective ou un message commun qui sera porté devant la gouvernance de l’EOSC ;

-échanger sur les futures coopérations potentielles et les possibilités au niveau national liées à EOSC, et renforcer la coopération entre les acteurs finlandais de la recherche et de l’innovation.

La participation est ouverte à toute personne intéressée par l’EOSC, elle-même signataire de sa Déclaration138 ou qui travaille pour une organisation qui y a souscrit. L’adhésion à l’EOSC-FF est gratuite. Le nombre de membres que chaque organisation peut y envoyer n’est pas limité. Tous les nouveaux membres sont ajoutés à la liste de diffusion EOSC-FF, qui constitue le principal canal de communication du forum.

Le forum EOSC finlandais se compose de trois organes : le forum, le comité de coordination et le bureau. Il est composé de toutes les personnes qui ont adhéré à l’EOSC-FF et constitue l’enceinte principale de discussion et d’échange. Le Forum se réunit au moins tous les quatre mois en ligne ou physiquement. Le comité de coordination joue le rôle de facilitateur du travail du forum et se réunit au moins tous les deux mois pour organiser les activités. Le comité de coordination est composé d’un ou deux représentants des organisations suivantes : le ministère de l’Éducation et de la Culture, l’Académie de Finlande Anu Nuutinen, la Fédération des sociétés savantes finlandaises, le CSC ainsi que des représentants finlandais au sein des conseils opérationnels de l’Association EOSC. Le bureau de l’EOSC-FF soutient le comité de coordination dans l’animation du forum et de ses activités. Le bureau EOSC-FF est administré par le CSC - IT Center for Science (deux postes).

Financeurs de la recherche et Académie des sciences

L’Académie de Finlande s’engage à promouvoir les principes et les pratiques de la science ouverte.139 L’objectif est de rendre les résultats produits et utilisés dans la recherche (notamment les publications, les données et les méthodes de recherche) ainsi que leurs métadonnées rapidement et largement disponibles pour une réutilisation. Cette institution considère la science ouverte et la recherche comme des éléments essentiels de la compétence en matière de recherche. Elle prévoit en outre que les publications scientifiques des résultats des projets de recherche qu’elle subventionne soient en accès ouvert et que les données de recherche produites par les participants aux projets soient mises à la disposition de tous. Le degré d’ouverture des données peut varier, allant de complètement ouvert à strictement confidentiel. Dans ce contexte, il est possible de faire couvrir une partie des coûts de stockage des données par le financement octroyé. Si une demande de subvention est approuvée, le plan de gestion des données final doit être soumis dans les huit semaines suivant cette approbation. L’Académie propose à ce sujet des informations sur le contenu ainsi que des recommandations sur la portée et des outils possibles pour leur élaboration. En cas de mise à disposition ouverte de données, les parties impliquées doivent également prendre en compte les problématiques de licences. L’Académie fait partie de cOAlition S et co-organise l’EOSC-FF.

Sitra est une fondation publique indépendante qui opère directement sous la tutelle du Parlement finlandais. Les travaux de Sitra couvrent trois thèmes : Économie circulaire, Capacité de renouvellement et nouvelle vie professionnelle et Économie durable. Le travail de Sitra consiste en des actions de recherche, d’études, d’essais, de projets pilotes, de manifestations et des formations. La fondation se consacre à différents thèmes dans l’orbe de l’ouverture ; c’est ainsi qu’elle veut soutenir par son action l’ « esprit d’innovation ouverte ».140 Elle s’est également saisie de l’Open Data, mais plutôt dans la lignée de l’Open Government Data. En outre, Sitra travaille au développement des principes d’une Fair Data Economy, qui s’adresse surtout aux petites et moyennes entreprises.141

Institutions de recherche extra-universitaires

VTT Technical Research Center of Finland Ltd. est une société finlandaise à responsabilité limitée, entièrement détenue par l’État et opérant sous le contrôle actionnarial du ministère de l’Économie et de l’Emploi. Les obligations et les responsabilités de la direction de l’entreprise sont définies par le droit finlandais. Le VTT promeut la science ouverte, en se concentrant actuellement sur les publications et les données.142 Toutes les publications scientifiques produites au VTT doivent en principe être ouvertement accessibles, mais il se pourrait que les conditions commerciales de l’éditeur soient restrictives. VTT recommande alors l’utilisation de la licence Creative Commons CC BY 4.0. En ce qui concerne la gestion et l’ouverture des données, VTT adhère aux principes FAIR. L’objectif est de donner accès aux données de recherche sur lesquelles reposent des articles scientifiques. En ce qui concerne la mise à disposition de l’accès aux données, le centre les conçoit aussi ouvertes que possible, mais les traite de manière confidentielle en cas d’impératif (en vertu du fameux principe aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire). La condition de base reste le respect des principes éthiques dictés par les bonnes pratiques scientifiques.

Le National Land Survey (NLS)143 s’est engagé – se fondant sur le plan d’action Open Science and Data (ATD) de Universities Finland (UNIFI) de 2018 - à ouvrir la recherche et la science. Le NLS se concentre principalement sur l’accès ouvert aux publications et aux données et le principe précité aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire :

-Les publications peuvent être consultées via le portail Juuli et/ou le service d’auto-archivage électronique de l’université d’Helsinki, ainsi que les archives numériques HELDA. L’édition en libre accès est également soutenue dans ce cadre.

-Le National Land Survey of Finland recommande de publier les données de recherche des projets. Les chefs de projet assurent la responsabilité de mettre à disposition au moins les données de recherche pour les projets financés par l’UE et l’Académie de Finlande. Cependant, les matériaux respectifs peuvent présenter différents degrés d’ouverture - de complètement ouvert à confidentiel. La National Land Survey recommande également l’application d’une licence CC-BY 4.0 pour les données de recherche.

Voici d’autres institutions de recherche extra-universitaires qui couvrent partiellement des domaines concernés par la science ouverte :

-Le Finnish Institute for Health and Welfare (THL) offre un accès ouvert aux données créées et collectées au sein de l’institut.144

-Le VATT Institute for Economic Research145 : Le libre accès aux publications de recherche du VATT est un principe central depuis sa création.

-L’institut météorologique finlandais146 a mis ses jeux de données en libre accès pour une utilisation publique. Les jeux de données sont disponibles dans un format numérique lisible par une machine. Il existe en outre quelques programmes informatiques développés à l’institut qui ont été publiés en code source ouvert (ou open source).

-Business Finland adhère aux objectifs et aux approches du courant de l’accès ouvert et s’efforce de mettre ses publications et ses informations non confidentielles à disposition de cette manière.147 Publier en accès ouvert est une condition aux projets de recherche financés par Business Finland. Il en va de même pour la création d’un plan de gestion des données, également obligatoire.

Le CSC - IT Center for Science148 est une entreprise d’intérêt public de droit public. En tant que composante du système de recherche finlandais, le CSC développe, intègre et fournit des services informatiques de haut niveau et veille à ce que le pays reste à la pointe du développement. Le CSC est détenu à 70 % par l’État finlandais et à 30 % par les établissements d’enseignement supérieur. Les services développés pour les établissements du supérieur comprennent le développement de logiciels, la gestion des données et des prestations d’analyse pour des travaux de recherche, ainsi que des services de soutien à la science et de formation, ainsi que d’administration de la recherche. La gestion du réseau de recherche Funet (Finnish University and Research Network) est un exemple des services proposés aux établissements d’enseignement supérieur. Actuellement, les utilisateurs de ce réseau comptent 80 organisations et 370 000 personnes. Il poursuit son évolution actuellement sous le nom de projet Funet 2020 dont la mise en œuvre devrait être achevée en 2022. 149 En outre, le CSC met à disposition différentes ressources en calcul intensif (HPC), calcul quantique et grid computing. L’une des particularités du CSC réside dans les liens qu’il entretient avec tous les niveaux du système scientifique et de recherche. Ainsi, le CSC collabore autant avec des chercheurs au niveau individuel qu’avec les organisations les plus diverses de la communauté scientifique.

Le CSC est partenaire dans les projets EOSC150 suivants :

  • Hub EOSC : le CSC est partie prenante au projet de hub EOSC (2018-2020), qui crée le système d’intégration et de gestion de la future infrastructure EOSC et fournit un catalogue de services, de logiciels et de données provenant de la fédération EGI, de l’EUDAT CDI, de l’INDIGO-DataCloud ainsi que d’importantes infrastructures de recherche en ligne.

  • EOSCsecretariat.eu : Le CSC dirige un groupe de travail central qui réalisera une série d’études sur des sujets spécifiques afin de pouvoir faire passer l’EOSC dans sa prochaine phase opérationnelle, par exemple sur des modèles économiques innovants, des conditions de participation pour les prestataires de services et les utilisateurs, ainsi que sur les aspects juridiques et le cadre organisationnel appliqué à la gouvernance définitive.

  • Blue Cloud : le projet prospecte le potentiel de la science ouverte fondée sur le cloud ainsi que celui de faire la démonstration de Pilot Blue Cloud en tant qu’EOSC thématique (cinq démonstrateurs Pilot Blue Cloud). Le CSC se concentrera sur l’intégration du B2DROP dans l’environnement de recherche virtuel Blue Cloud afin d’assurer un accès rapide à des jeux de données temporaires.

  • ELIXIR réunit les principales archives de données des sciences de la vie en Europe et les relie pour la première fois à des infrastructures bioinformatiques nationales dans tous les États membres d’ELIXIR. Le CSC héberge le nœud ELIXIR Finland, partie intégrante de l’infrastructure.151

  • EOSC-Life vise à mettre en œuvre la partie sciences de la vie de l’EOSC sous la coordination d’ELIXIR, l’infrastructure européenne d’information en sciences de la vie. EOSC-Life réunit les 13 infrastructures de recherche en biologie et médecine de l’ESFRI. Au CSC, le projet EOSC-Life fait partie des programmes ELIXIR et EOSC.

  • EOSC-Nordic traduit la volonté de faciliter la coordination des initiatives liées à l’EOSC dans les pays nordiques et baltes et à créer des synergies. Le CSC est impliqué principalement dans les aspects qui concernent la politique de science ouverte, la durabilité et la fourniture de ressources, de services, de données conformes aux principes FAIR et de prestations de communication. Le CSC a facilité la participation de plusieurs organisations de recherche et universités finlandaises telles que HY, UTA ou FSD, FMI et l’UEF. En participant à ce projet, ces organisations ont désormais une influence directe sur la programmation de l’EOSC, peuvent bénéficier de l’expertise d’autres régions, ainsi que proposer et tester des solutions et des technologies pour faire avancer la science ouverte.

  • EU-OPENSCREEN (infrastructure européenne de plateformes de criblage ouvertes pour la biochimie) : Le CSC participe au transfert de données et à l’interopérabilité entre les sites partenaires d’EU-OPENSCREEN, la base de données de cet ERIC, et des ressources de données européennes et mondiales.152

  • En tant que composante de l’EOSC, FAIRsFAIR, projet de promotion de pratiques conformes aux principes FAIR dans le domaine des données en Europe, vise à fournir des solutions pratiques pour l’application desdits principes tout au long du cycle de vie des données de recherche. Le rôle du CSC se concentre sur l’interopérabilité des services et des lignes directrices s’appliquant à ce type de données.

  • SeaDataNet153 relie plus de 100 centres informatiques entre eux, permettant l’acquisition et la ré-exploitation des données d’observations marines qui sont réutilisables, dans des domaines de la physique océanique aussi bien que de la chimie et de la biologie. Dans ce contexte, le rôle du CSC est de diriger les travaux techniques en charge de construire la couche sous-jacente, désignée en tant qu’infrastructure de données. Le lien avec l’EOSC est établi via EUDAT.

Universités

Actuellement, la Finlande compte 13 universités et 22 grandes écoles.154 Les universités finlandaises sont organisées soit sous forme d’établissements de droit public ou d’institutions privées (fondations) et sont donc indépendantes, par exemple en ce qui concerne les décisions internes relatives à la gestion ou au contenu de l’enseignement et de la recherche. Des conventions d’objectifs sont conclues avec le ministère de l’Éducation et de la Culture pour une période de quatre ans.155 Six consortiums universitaires ont été créés en 2004 sous l’égide du ministère de la Culture et de l’Éducation. Ces consortiums peuvent être considérés comme des établissements d’enseignement dans les villes qui ne possèdent pas d’université.156 Ils fonctionnent comme “établissements satellites” d’une ou de plusieurs universités.

Universities Finland (UNIFI) est un organisme de coopération entre les 13 universités finlandaises. Son objectif est de représenter les intérêts communs auprès des responsables politiques. L’organisation a succédé au Finnish Council of University Rectors, fondé en 1969. L’UNIFI a également rédigé des prises de position sur des thèmes liés à la science ouverte : le plus connu de ces documents à cet égard est le plan d’action Open Science and Data de 2018,157 dans lequel l’UNIFI a appelé en 2018 à l’application immédiate de l’accès ouvert, notamment pour renforcer la position du FinELib dans ses négociations avec les éditeurs scientifiques internationaux. Le plan comprenait les recommandations suivantes à reprendre par la Federation of Finnish Learned Societies :

  1. Création d’une plateforme permanente pour la coordination nationale de la science ouverte

  2. Reconnaissance des exigences budgétaires qu’elle induit

  3. Politique nationale d’accès ouvert

  4. Engagement en faveur de DORA au niveau national et institutionnel

  5. Mise en œuvre de la feuille de route pour la citation de données158

  6. Développement de services de recherche guidés par des besoins et des cas d’usage réels

  7. Répartition du travail de front-office et de back-office entre institutions de recherche et prestataires de services à la recherche

  8. Engagement en faveur de la déclaration sur l’European Open Science Cloud

[]{#_bookmark19 .anchor}INFRASTRUCTURES

Base de données nationale

Fort de la stratégie finlandaise en matière d’infrastructures de recherche, le portail Research.fi a été lancé en juin 2020 par le ministère de l’Éducation et de la Culture et géré en collaboration avec le CSC. Le portail est une base de données qui rassemble toutes les infrastructures de recherche finlandaises d’importance nationale. La base de données est disponible en finnois et en anglais et donne un aperçu des installations, de l’équipement, du matériel et des services des infrastructures de recherche concernées. Les entrées sont d’une part automatiquement constituées d’informations déjà existantes, fournies par les universités, les instituts de recherche, etc., et d’autre part complétées par des informations qui peuvent être transmises à Research.fi. La base de données s’adresse aux chercheurs, aux prestataires de services pour les infrastructures de recherche et aux financeurs. Actuellement, la plate-forme recense 123 infrastructures, 68 organisations ainsi que 3 577 projets et près de 513 000 publications. D’autres données, par exemple sur les personnes et les données de recherche, devraient suivre. En outre, certaines infrastructures portent la mention “Roadmap”, ce qui signifie qu’elles sont incluses dans une feuille de route de l’Académie de Finlande.159

Parmi les 123 infrastructures répertoriées, 48 % relèvent du domaine des sciences de l’ingénieur et des technologies, 23 % des sciences naturelles et 18 % des sciences médicales et de la santé. Les sciences sociales et humaines ainsi que les sciences de l’agriculture ne comptent que peu d’institutions de recherche.160

Au total, 120 des 123 infrastructures sont attribuées à une organisation qui en est responsable. La plupart des infrastructures (66) sont attribuées aux écoles supérieures spécialisées, tandis que 43 d’entre elles sont à la charge des universités. Une infrastructure de recherche est attribuée à chacun des instituts de recherche suivants : Finnish Environment Institute, Finnish Institute for Health and Welfare, Finnish Institute of Occupational Health, Geological Survey of Finland, National Land Survey of Finland et Radiation and Nuclear Safety Authority.161

La Finlande mise beaucoup sur les collaborations dans ses infrastructures. Le site web du CSC présente les collaborations énumérées ci-après, qui opèrent souvent également dans le cadre de l’EOSC (voir supra).

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Collaborations en infrastructures du CSC (sélection en rapport avec des initiatives nationales et régionales)

  • Accélérateur d’analyse de données : l’objectif de ce projet est d’accélérer l’introduction de méthodes d’analyse de données dans les entreprises régionales et dans toute la région de Cajanie.

  • Développement de l’écosystème du centre de calcul de Cajanie : le CSC soutient activement le développement de cette région vers un site et un écosystème de centre de calcul international. Afin d’accélérer encore ce développement et de profiter de la fenêtre d’opportunité unique offerte par l’installation du supercalculateur LUMI-EuroHPC à Kajaani, le CSC a lancé deux projets régionaux soutenus par le conseil régional de Cajanie et la ville de Kajaani.

  • EISCAT_3D : le radar à diffusion incohérente EISCAT_3D représente une avancée importante dans la recherche scientifique finlandaise sur le proche espace et le climat terrestres. Le système peut être utilisé pour générer de nouvelles données, par exemple sur la manière dont les tempêtes solaires et la météo spatiale affectent la haute atmosphère dans l’Arctique.

  • Centre national d’excellence finlandais (EuroCC) : le projet EuroCC, financé par l’entreprise commune EuroHPC et 33 pays européens participants, permettra de mettre en place un écosystème européen de calcul intensif durable et compétitif à l’échelle mondiale.

  • Infrastructure de grille et d’informatique en nuage finlandaise (FGCI2) : cofinancée par l’Académie de Finlande et 13 instituts de recherche nationaux, cette entité gère et développe une infrastructure de pointe dans le pays.

  • FIN-CLARIN-Upgrade : l’infrastructure de recherche FIN-CLARIN offre aux chercheurs des outils d’analyse ainsi qu’un accès à une vaste collection de ressources linguistiques numériques, centralisées via la banque de données des langues de Finlande.

  • Plateformes d’innovation pour le bien-être, le secteur de la santé et le sport (HYTELI) : le projet vise à développer des plateformes et des environnements d’innovation technologiquement avancés afin d’améliorer le niveau international de compétences technologiques et d’accroître la compétitivité dans la région de Cajanie située dans le nord-est de la Finlande.

  • INAR-Ecosystems est une collaboration nationale entre des organismes de recherche et des centres de gestion des données sur les écosystèmes terrestres et la biodiversité. Il complète l’Institut finlandais de recherche sur l’atmosphère et les systèmes terrestres (INAR) en améliorant les infrastructures de recherche sur les zones forestières, marécageuses, agricoles et urbaines.

  • Coopération nordique dans le domaine des infrastructures numériques: la Collaboration nordique en matière d’infrastructure électronique (Nordic E-Infrastructure Collaboration - NeIC) est une organisation qui facilite le développement et l’exploitation de solutions d’infrastructures numériques de haute qualité dans des domaines d’intérêt commun pour les pays nordiques. La NeIC est gérée par NordForsk et financée par des agences nationales de financement de la recherche (dans notre cas, par l’Académie de Finlande).

  • NordForum : NordForum est une initiative de coopération informelle entre les fournisseurs nationaux de systèmes d’information pour étudiants dans les quatre pays nordiques (Finlande, Suède, Norvège et Danemark), ainsi qu’aux Pays-Bas.

  • NORDUnet est une collaboration entre les cinq réseaux nationaux nordiques de recherche et d’enseignement au Danemark (DeIC), en Finlande (Funet), en Islande (RHnet), en Norvège (UNINETT) et en Suède (SUNET).

  • Infrastructure ouverte d’information géographique pour la recherche (oGIIR) : l’objectif du projet oGIIR est de créer une infrastructure axée sur l’utilisateur et accessible à tous, afin d’offrir des données géographiques et des services d’analyse à l’ensemble de la communauté scientifique finlandaise.

  • Nordic Sensitive Data project (Tryggve2) : Permettre la recherche en utilisant des données sensibles tout en respectant les exigences légales en matière de protection des données est un défi pour le portage des infrastructures numériques pour la recherche

Source : https://www.csc.fi/en/collaboration

L’outil de plan de gestion des données DMPTuuli peut également être cité comme une ressource importante. Le projet a été lancé par la bibliothèque de l’université d’Helsinki et reçoit un financement du ministère de l’Éducation et de la Culture.162 Actuellement, l’outil compte environ 12 700 utilisateurs et 51 organisations et contient plus de 14 000 plans rédigés.163 L’outil offre différents modèles adaptés aux besoins de différentes institutions.164

[]{#_bookmark20 .anchor}FORMATION, COMPÉTENCES, CULTURE ET SENSIBILISATION

En ce qui concerne l’EOSC, le Forum finlandais de l’EOSC (EOSC-FF), organisé conjointement par le ministère finlandais de l’Éducation et de la Culture (OKM), l’Académie finlandaise (AKA), la Fédération des sociétés savantes finlandaises (TSV) et le Centre CSC-IT pour la science au début de l’année 2021, est particulièrement à remarquer. L’EOSC-FF n’est pas un organe de décision, mais un réseau de discussion, d’échange et de retours d’informations coordonné avec la gouvernance de l’EOSC. C’est pourquoi il est ouvert à toutes les personnes intéressées par cette infrastructure.165

L’événement de lancement du 25 janvier 2021 a réuni dans un webinaire plus de 100 participants finlandais venant d’une quarantaine d’organisations de recherche et d’entreprises du pays. Elle comprenait également des présentations des représentants finlandais des groupes de travail EOSC 2018-2020 (Pirjo-Leena Forsström, CSC ; Juuso Marttila, Université de Jyväskylä ; Henriikka Mustajoki, TSV ; Susanna Nykyri, Bibliothèque universitaire de Tampere ; Anne Sunikka, Aalto). De ce fait, l’Université d’Helsinki (Ville Tenhunen) s’est donc concentrée sur les résultats des groupes de travail et sur la manière dont ces résultats pourraient avoir un impact sur le paysage de la science ouverte en Finlande à l’avenir. Le webinaire a nourri des discussions sur la valeur de l’EOSC pour le pays et sur son importance en matière de politique scientifique en Europe.166

Diverses activités sont organisées à différents niveaux : 167

-Information régulière sur les derniers développements de l’EOSC au niveau européen et national, ainsi que sur les possibilités de financement liées à l’EOSC (communication régulière via des blogs, lettres d’information, etc.) ;

-Assistance à la compréhension de l’impact et les avantages de l’EOSC pour les organisations, ainsi que les activités et les initiatives au niveau national (webinaires ad hoc, réunions d’experts, etc.) ;

-Implication active aux opportunités de co-conception de l’EOSC en présence (consultations EOSC, accès plus direct à la gouvernance EOSC, etc.) ;

-Exploration de nouvelles collaborations potentielles au niveau national.

[]{#_bookmark21 .anchor}CONCLUSIONS SUR L’ÉTAT DE PRÉPRATION À L’EOSC DANS LES TROIS PAYS ÉTUDIÉS

Bien que l’écosystème de recherche soit différent dans ces trois pays, un fort soutien gouvernemental au processus de l’EOSC y a été identifié sous la forme de politiques de science ouverte.

En France, les choses se font de manière plutôt centralisée, conformément à la culture politique du pays : d’une part, par voie législative et, d’autre part, au travers d’une attitude d’attente envers une mise en œuvre impulsée par le ministère compétent. L’interview d’une personnalité française bien informée de l’intérieur sur la politique scientifique a pu faire ressortir un commentaire en ce sens à ce sujet :

Une chose intéressante que j’ai apprise […] était assez surprenante, mais je pense que c’est évident si vous êtes français. J’échange couramment avec différentes acteurs et organisations… Ce sont donc des gens intelligents, qui sont des scientifiques de haut niveau et qui sont très engagés. Mais ils attendent certaines choses en France. Ils attendent que le MESRI soit le planificateur central avec une stratégie nationale. Je pense que dans d’autres pays, d’autres cultures scientifiques, ils adoptent beaucoup plus une approche collective institutionnelle ou organisationnelle.168

Dans les deux autres pays étudiés, des impulsions ont été données par l’État pour pratiquer activement une politique de science ouverte, mais la mise en œuvre se fait davantage au niveau de la communauté elle-même (approche bottom-up). Aux Pays-Bas, la science ouverte était une priorité de la présidence néerlandaise du Conseil de l’UE en 2016. Les trois pays examinés dans la présente étude disposent en outre d’un mécanisme de coordination national pour la science ouverte. Il existe toutefois des différences en ce qui concerne les aspects de la science ouverte qui sont activement promus. Pour ce qui des politiques, les trois pays sont bien préparés à l’EOSC, même si l’EOSC lui-même n’est pas encore entièrement présent dans les politiques nationales de la science ouverte et leurs mécanismes de coordination et de mise en œuvre. On constate une accélération des activités nationales, surtout ces derniers temps (premier trimestre 2021). Chaque pays a mis en place une structure de type forum afin d’impliquer les acteurs dans les discussions. Il convient toutefois de veiller à ce que l’EOSC pénètre dans les structures existantes de la science ouverte et que l’on n’assiste pas à l’apparition de doublons.

Le manque de participation des universités, surtout en France, peut être considéré comme une faiblesse nationale en ce qui concerne sa préparation à l’EOSC. Aux Pays-Bas, le nombre presque inextricable d’activités et d’initiatives, le manque de coordination générale qui en découle ainsi que les objectifs parfois trop ambitieux dans le domaine de la science ouverte (qui ne peuvent alors pas être atteints – cf. l’objectif de 100 % en accès ouvert d’ici 2020) peuvent constituer un frein. Au-delà des politiques, les analyses des trois pays permettent d’extraire les axes clés pour l’intégration nationale dans l’EOSC déclinées ci-dessous.

Axes clés pour l’intégration dans l’EOSC

  • Participation à des projets financés par l’UE

    • Focus sur la gouvernance et la mise en place de l’EOSC

    • Focalisation régionale

    • Focus thématique : intégration des infrastructures nationales

  • Participation de personnels nationaux à l’EOSC

    • Conseil intérimaire de l’EOSC et groupes (de travail) thématiques

    • Association EOSC

  • Implication d’organisations dans l’EOSC au-delà des projets et des individus (engagement à plus long terme)

    • Adhésion à la nouvelle association EOSC

    • Participation des pays au partenariat de l’UE

En ce qui concerne les infrastructures, les trois pays disposent de modèles bien établis. La coopération internationale en matière d’infrastructures existe dans tous les pays, mais elle semble particulièrement développée en Finlande. Comme nous avons pu le constater, l’intégration technique des infrastructures nationales - surtout thématiques - dans l’EOSC se fait souvent par le biais de projets financés par l’UE. Dans ce contexte, DANS et le CSC jouent un rôle particulier aux Pays-Bas et en Finlande. Il se pourrait donc que les infrastructures qui n’ont pas d’échanges réguliers avec ces organisations ne se raccordent pas, ou mal, à l’EOSC.

En ce qui concerne la formation, les compétences, la culture et la sensibilisation, des projets EOSC ont organisé des formations. On peut toutefois se demander dans quelle mesure la communauté de recherche élargie au-delà des chercheurs déjà personnellement impliqués a pu être atteinte jusqu’à présent. Un acteur irlandais s’est explicitement exprimé à ce sujet lors des entretiens menés :169

[Nous constatons] que la sensibilisation aux initiatives telles que l’EOSC est en fait assez faible dans l’ensemble de la communauté… Je pense donc que la sensibilisation [Awareness] est un défi immédiat… Et je pense que ce manque de sensibilisation sera une problématique dans le très court terme pour l’adoption de l’EOSC pendant sa phase d’émergence. Si l’EOSC doit s’implanter à la base, il faudra accorder plus d’attention aux incitations et aux rétributions visant à encourager l’adaptation des chercheurs. J’appelle de mes vœux qu’une fois la construction juridique établissant l’EOSC achevée, davantage de temps soit disponible pour des activités d’adaptation plus importantes. Dans tous les cas, la sensibilisation à l’ensemble du système de recherche reste un enjeu, car l’écosystème est un peu fragmenté [formation en silos].170

Les remarques d’un acteur français vont dans le même sens:

Dans la pratique, qui participera donc à l’EOSC en fournissant des services de données et en ouvrant ses infrastructures ? Et qui va en profiter ? Je pense que là, nous avons encore beaucoup de travail à faire pour promouvoir ce qu’est l’EOSC et ce qu’on veut. Pour rendre plus claire la manière dont se fait la participation. Car même si nous avons toutes les structures, l’association, etc., nous devons quand même communiquer et trouver des règles.171

Les activités nationales visant à développer les compétences EOSC semblent être rares jusqu’à présent - il convient toutefois de mentionner ici les journées et les forums EOSC récemment mis en place comme une exception importante. Il convient donc d’être attentif dans le développement à venir de ces activités à :

(a) toujours intégrer un élément relatif au domaine des compétences dans les programmes de ces journées et forums EOSC nationaux, et

(b) prendre des mesures actives pour impliquer la communauté scientifique au-delà des chercheurs déjà engagés (généralement issus des organes de direction des institutions de recherche).

Pour l’instant, il n’est pas certain que les chercheurs actifs participent en grand nombre à l’EOSC, mais cela peut également être dû au fait que le déploiement national de l’EOSC reste limité.

Pour la politique scientifique allemande, on peut tirer les conclusions suivantes

-le soutien de l’État à la science ouverte au plus haut niveau de la politique scientifique est essentiel pour la mise en place de l’EOSC, mais a) peut prendre différentes formes et b) ne permet pas encore de se livrer à des prévisions quant à la réussite de sa mise en œuvre (roll-out) ;

-une structure nationale de coordination de la science ouverte bien élaborée est extrêmement utile pour intégrer les aspects de l’EOSC ; et

-un forum national EOSC (ou équivalent) est une condition préalable à l’implication des acteurs, ce qui revêt son importance non seulement pour l’acceptation de l’EOSC, mais également pour la sensibilisation et le développement des compétences.172

Au chapitre des faiblesses de l’EOSC réel (par rapport à celui qui était prévu), on peut constater qu’il est encore perçu comme une sorte de “vue de l’esprit”. De nombreuses activités ont déjà été menées pour mettre en place la gouvernance et la réalisation technique - mais on ne constate toujours pas de “roll-out” généralisé à l’échelle européenne. La convivialité de l’EOSC dans sa phase concrète sera un facteur décisif pour engager les chercheurs à bel et bien utiliser cette infrastructure. Ce point est également évoqué concrètement dans une interview :

Ma vision est donc que nous ne devons absolument pas partir de ce dont nous disposons déjà comme services. Au lieu de partir de ce que nous avons déjà, nous devrions partir de ce dont nous avons besoin, en nous basant sur la connaissance des besoins de nos utilisateurs.173

La question des potentielles redondances avec Gaia X se pose, en particulier quand il s’agira d’aller au-delà du socle de base de l’EOSC et qu’il s’agira d’y associer des entreprises.

Pour terminer, nous synthétiserons les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de l’EOSC qui ont été abordées sous la forme d’un schéma SWOT.

Graphique : EOSC - Analyse SWOT

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[]{#_bookmark22 .anchor}NOTE SUR LES ENTRETIENS

Les personnes interrogées au cours des douze entretiens visant des experts ont été sélectionnées en fonction de leur connaissance du paysage de la science ouverte ou de la planification de l’EOSC dans leurs pays respectifs. Il s’agissait le plus souvent de coordinateurs nationaux de la science ouverte, de collaborateurs d’un ministère responsables des efforts nationaux en matière d’EOSC ou de personnes impliquées dans les infrastructures nationales de données. Dans l’ensemble, l’objectif était de se faire une idée de l’état actuel et des étapes ultérieures de la planification, ainsi que d’obtenir un aperçu des développements futurs possibles dans des pays qui sont ou seront des partenaires importants pour l’Allemagne.

Au total, douze entretiens ont été menés avec des acteurs importants de six États membres (FR, NL, DE, FI, DK, IRL). Les entretiens se sont déroulés en plusieurs séances entre avril et août 2020. Outre les trois pays clés, des personnalités de premier plan de plus petits pays qui sont impliqués dans des études de cas intéressantes sur des sujets spécifiques ont également été sélectionnées.

Certains entretiens contiennent en outre des informations confidentielles, raison pour laquelle les transcriptions ne sont pas publiées ou mises à la disposition d’autres personnes en dehors du siège et de la présidence du RfII. Les citations de ces interviews sont donc reproduites de manière anonyme. Les informations fournies par les personnes interrogées l’ont été à titre personnel, c’est-à-dire qu’elles se sont exprimées en leur nom propre et non au titre des organisations qu’elles représentent.

[]{#_bookmark23 .anchor}LITTÉRATURE ET RESSOURCES EN LIGNE

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Académie de Finlande : Strategy for National Research Infrastructures in Finland 2020-2030, disponible sur : https://www.aka.fi/en/about-us/decision-making-bodies/firi-commit- tee/strategy-for-national-research-infrastructures-in-finland-20202030/, dernière vérification le : 26.05.2021.

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ANR - Agence Nationale de la Recherche (2019) : Appel Flash science ouverte : pratiques de recherche et données ouvertes, disponible sur : https://anr.fr/fr/detail/call/appel-flash- science-ouverte-pratiques-de-recherche-et-donnees-ouvertes/, dernière consultation le : 26.05.2021.

Amsterdam Call for Action on Open Science : https://www.government.nl/documents/re- ports/2016/04/04/amsterdam-call-for-action-on-open-science, dernière consultation le : 26.05.2021.

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THE FINNISH SCHOLARLY COMMUNITY, disponible sur : https://www.unifi.fi/wp-con- tent/uploads/2019/04/UNIFI_Open_Science_and_Data_Action_Programme.pdf, dernière consultation le : 26.05.2021.

VATT - Valtion Taloudellinen Tutkimuskeskus (Institute for Economic Research) (Sans date) : https://vatt.fi/en/research-cooperation-and-open-science, dernière consultation le : 26.05.2021.

VSNU - Association of Universities in the Netherlands (Sans date) : “Open Access”.

https://vsnu.nl/en_GB/openaccess-eng.html, vérifié en dernier lieu le : 26.05.2021.

VSNU - Association of Universities in the Netherlands (Sans date) : Roadmap open access 2018 - 2020, disponible sur : https://www.vsnu.nl/Roadmap-open-access-2018- 2020-English/, dernière consultation le : 26.05.2021.

VSNU - Association of Universities in the Netherlands (2019) : Room for everyone’s talenttowards a new balance in the recognition and rewards of academics, disponible sur : https://vsnu.nl/files/documenten/Domeinen/Onderzoek/Position%20pa- per%20Room%20for%20everyone%E2%80%99s%20talent.pdf, dernière consultation le : 26.05.2021.

VTT - Technical Research Centre of Finland (Sans date) : VTT’s administration, disponible sur : https://www.vttresearch.com/en/vtts-administration, dernière consultation le : 26.05.2021.


1

C’est ce que souligne aussi un entretien explicitement : « Je ne vois pas grand-chose changer ni davantage arriver le commencement du portail EOSC. Pour certaines personnes, cela fait figure de très grande nouveauté […] De mon point de vue, l’avancée est modeste ». De même, un acteur danois impliqué a-t-il également qualifié le portail de “pas très utile” dans sa forme actuelle. Extrait des interviews d’experts non publiées dans Fox/Ebert (2020) - FoStra2020 Interviews (non publié)

2

https://sshopencloud.eu/events/esfri-clusters-rda-house-commons

3

Note du traducteur : le texte allemand reprend à son compte de terme anglais de « readiness », notion pour laquelle le Secrétariat d’EOSC a élaboré des indicateurs destinés à refléter le niveau de préparation et d’intégration en ressources et contribution des États dans le déploiement potentiel de l’infrastructure. Dans ce qui suit de cette traduction, les termes « préparation » ou « état de préparation » sera employé pour désigner ce concept.

4

https://www.eoscsecretariat.eu/eosc-glossary/post/towards-shared-eosc-definition.

5

Extrait des entretiens non publiés : Fox/Ebert (2020) - FoStra2020 Interviews (non diffusé).

6

Comments to Jean-Claude Burgelman’s article Politics and Open Science: How the European Open Science Cloud became reality (the untold story) – “EOSC is a bigger ME” and the Dunning Kruger effect. Data Intelligence 3(1), 32-39 (2021). doi: 10.1162/dint_a_00074. Version 0.9 de novembre 2020.

7

Version 09 de novembre 2020

8

Celui-ci englobe les éléments en lien avec les dimensions techniques, personnelles, de politique et de ressources qui sont requis pour le fonctionnent des services à orientation de recherche. Voir https://www.eoscsecretariat.eu/eosc-federating-core.

9

Voir Burgelman, J.-C. : Politics andOpen Science : How the European Open Science Cloud became reality (the untold story). Data Intelligence 3(1), 5-19 (2021). doi: 10.1162/dint_a_00069.

10

Muscella et al. (2018) Prompting an EOSC in practice. Final report and recommendations of the Commission 2nd High Level Expert Group [2017-2018] on the European Open Science Cloud (EOSC). https://op.eu-ropa.eu/en/web/eu-law-and-publications/publication-detail/-/publication/5253a1af-ee10-11e8-b690-01aa75ed71a1.

11

EOSC Executive Board Working Group (WG) Landscape (2020) Country Sheets Analysis. https://op.eu

ropa.eu/en/publication-detail/-/publication/95e4a900-2a21-11eb-9d7e-01aa75ed71a1/language-en/format-PDF/source-173316815.

12

EOSC Secretariat (2020b) Working Proposal for Living Indicators to Monitor MS Progresses towards EOSC Readiness. Summary report from the EOSC Regional Projects. https://www.eoscsecretariat.eu/sites/default/files/working_proposal_for_living_indicators_to_monitor_ms_progresses_towards_eosc_readiness.pdf .

13

European Open Science Cloud FAIR Working Group FAIR in Practice Task Force (2020) Six Recommendations for Implementation of FAIR Practice. https://op.europa.eu/en-GB/publication-detail/-/publication/4630fa57-1348-11eb-9a54-01aa75ed71a1/language-en

14

https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000031589829/

15

SPARC Europe / DCC (2019) An Analysis of Open Science Policies in Europe v4 https://zenodo.org/record/3379705#.YKKbvqgzbWw.

16

https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Actus/67/2/PLAN_NATIONAL_SCIENCE_OUVERTE_978672.pdf .

17

https://www.ouvrirlascience.fr/presentation-du-comite/

18

https://marin.dacos.org/marin-dacos/

19

https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2020/19/1/NF_BarometreSO_1236191.pdf.

20

https://eoscfrance.sciencesconf.org/

21

https://eosc-portal.eu/governance/eosc-board

22

https://eosc.eu/

23

https://www.eoscsecretariat.eu/sites/default/files/20201012_list_of_candidate_members_and_observers_founding_members.pdf

24

https://www.eosc-pillar.eu/news/policy-practice-france-cnrs-open-data-research-directorate-eosc-association-dumouchel (notre traduction).

25

https://anr.fr/fr/lanr-et-la-recherche/engagements-et-valeurs/la-science-ouverte/

26

https://anr.fr/en/anrs-role-in-research/values-and-commitments/open-science/projets-laureats-de-lappel- flash-science-ouverte/

27

https://www.science-ouverte.cnrs.fr/wp-c­ontent/uploads/2019/11/CNRS_Roadmap_Open_Science_18nov2019.pdf .

28

Voir aussi https://www.science-ouverte.cnrs.fr/.

29

https://indico.in2p3.fr/event/20312/contributions/78053/attachments/56682/75306/EOSC_ CNRS_insti - tuts_v4.docx .

30

https://www.science-ouverte.cnrs.fr/event/journee-eosc-au-cnrs/

31

https://ist.inrae.fr/wp-content/uploads/sites/21/2020/02/2016_Charte-libre-access-Inra-Def_Inra- fran%C3%A7ais.pdf

32

https://www.eosc-hub.eu/research-communities/towards-e-infrastructure-plant-phenotyping

33

Voir https://www.eosc-pillar.eu/consortium

34

Voir https://sntrscgt.vjf.cnrs.fr/IMG/pdf/projet_plan_strategique_inserm_2025.pdf

35

Fox/Ebert (2020) – Entretiens FoStra2020 (non publiés)

36

https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/eosc-pillar-combiner-experiences-nationales- pour-construire-cloud-science-ouverte-europeenne

37

https://www.eosc-life.eu/about/partners/ (Partenaire No 5)

38

Fox/Ebert (2020) –FoStra2020 Interviews (non publié).

39

https://www.eosc-hub.eu/research-communities/fusion-research

40

Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (unveröffentlicht)

41

https://data.ifremer.fr/Tout-savoir-sur-les-donnees/Gestion-des-donnees

42

https://www.eosc-hub.eu/research-communities/marine-research-competence-centre

43

https://q-www.sorbonne-universite.fr/sites/default/files/media/2020-01/Charte-libre-acces-publications.pdf.

44

https://espacechercheurs.enpc.fr/sites/default/files/plan science ouverte signé_0.pdf.

45

Cour des comptes, Les infrastructures numériques de l’enseignement supérieur et de la recherche : une consolidation nécessaire, Rapport, 2020, p.221. https://www.ccomptes.fr/system/files/2020- 02/20200225-09-TomeII-infrastructures-numeriques-enseignement-superieur-et-recherche.pdf.

46

https://zenodo.org/record/3937318#.YKeLEKGxU2w

47

D’après Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (non publié).

48

La feuille de route nationale pour les infrastructures de recherche (NRFI) est publiée tous les deux ans par le département des grandes infrastructures de recherche du MESRI (SPFCO B4) après consultation des alliances (Aviesan , Allistene , Ancre, Athena et AllEnvi) et des organismes opérateurs de recherche.

49

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/imported_files/documents/Brochure_Infrastructures_2018_948703.pdf

50

https://hal.archives-ouvertes.fr/

51

https://v2.sherpa.ac.uk/view/repository_by_country/France.html

52

https://fairsharing.org/

53

https://www.re3data.org/search?query=&countries[]=FRA

54

https://opidor.fr/reperer/

55

https://www.cines.fr/.

56

https://www.huma-num.fr/

57

Ou plutôt 95 d’après la dernière mise à jour

58

https://www.renater.fr/

59

D’après Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (non publié).

60

D’après Fox et al. (2020) - FoStra 2020 France Case Study (non publié).

61

Voir https://www.lcrdm.nl/en/initiatives-and-organisations (certaines des initiatives qui y sont recensées ne parraissent toutefois pas toutes authentiquement ou exclusivement néerlandaises).

62

La Knowledge Coalition est un consortium issu du secteur de la recherche - et de l’innovation aux Pays-Bas, composé d’universités (VSNU), d’écoles supérieures (VH), de centre hospitaliers universitaires (NFU), de l’Académie des Sciences et des Beaux-Arts (KNAW), du Conseil national de la recherche (NWO), de l’Association des industriels et employeurs (VNO-NCW), de l’Association nationale MKB Nederland et de l’Association TO2. La coalition s’efforce d’établir des conditions optimales pour la promotion de la recherche et de l’innovation dans le pays et joue le rôle de conseiller auprès de l’administration. En 2014, cette organisation a coordonné l’élaboration de l’agenda national des sciences pour le compte du ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sciences*.*

63

https://www.government.nl/documents/reports/2016/04/04/amsterdam-call-for-action-on-open-science

64

https://www.openscience.nl/files/openscience/2019-02/nationalplanopenscience_en.pdf

65

Note du traducteur : les établissements concernés par cette association s’apparentent aux écoles d’ingénieurs françaises ou similaires dans d’autres pays.

66

Note de Traduction : la formulation reprend ici la formulation du rapport allemand. En réalité ; ce sigle semble désigner le réseau des directeurs des centres de calculs des universités néerlandaises selon toute logique et toute vraisemblance.

67

https://www.government.nl/documents/letters/2017/01/19/letter-to-the-house-of-representatives-on- the-progress-of-open-science.

68

Voir https://www.openscience.nl/en/projects.

69

https://english.awti.nl/publications/documents/publications/2016/01/20/dare-to-share

70

https://www.narcis.nl/metrics/Language/en

71

Pour l’historique, voir la présentation dans le magazine en ligne de la VSNU : https://www.vsnu.nl/Roadmap-open-access-2018-2020-English/.

72

https://www.openaccess.nl/en/in-the-netherlands/publisher-deals#row..

73

https://vsnu.nl/en_GB/openaccess-eng.html

74

https://www.elsevier.com/about/press-releases/corporate/dutch-research-institutions-and-elsevier-initi- ate-worlds-first-national-open-science-partnership.

75

https://www.openscience.nl/files/openscience/2019-12/Report Transi- tion%20Costs%20for%20OS%20in%20the%20Netherlands.pdf

76

https://www.accelerateopenscience.nl/

77

https://vsnu.nl/files/documenten/Domeinen/Onderzoek/Position paper Room for% 20every- one%E2%80%99s%20talent.pdf.

78

https://dans.knaw.nl/en/about/organisation-and-policy/information-material?set_language=en

79

https://dataverse.nl/

80

https://easy.dans.knaw.nl/

81

https://dmponline.dcc.ac.uk/

82

https://www.nwo.nl/en/research-data-management

83

https://www.scienceeurope.org/our-resources/practical-guide-to-the-international-alignment-of-research- data-management/.

84

https://www.esciencecenter.nl/expertise/

85

https://www.health-ri.nl/health-ri

86

https://www.health-ri.nl/data-stewardship-handbook-hands

87

https://datasharingcoalition.eu

88

https://www.lcrdm.nl/

89

https://zenodo.org/record/3336040

90

https://researchdata.nl/en/

91

https://www.lcrdm.nl/files/lcrdm/2021-08/NPOS FAIR Data 2030 May 2021 Ru- ben%20Kok.pdf

92

https://www.eosc-synergy.eu/about/

93

https://www.gofairfoundation.org/

94

https://www.eosc-nordic.eu/objectives/

95

https://www.fairsfair.eu/the-project.

96

https://www.eosc-hub.eu/

97

https://www.egi.eu/

98

https://www.bmbf.de/de/deutschland-und-die-niederlande-fuer-rasches-handeln-bei-der-european-open- science-cloud-4270.html.

99

https://www.nwo.nl/en/open-science

100

https://www.coalition-s.org/

101

https://www.coalition-s.org/nwo-announces-implementation-guidelines-for-plan-s/

102

https://www.nwo.nl/en/news/heading-100-open-access-nwo-and-zonmw-right-track-further-steps-are- needed

103

https://data.4tu.nl/info/

104

https://www.government.nl/documents/reports/2014/12/08/2025-vision-for-science-choices-for-the-future

105

https://www.nwo.nl/en/news/nwo-advocates-permanent-funding-national-digital-infrastructure

106

https://www.surf.nl/en/about-surf/the-surf-cooperative

107

https://www.esciencecenter.nl/about/our-strategy/

108

https://fair-software.nl/

109

https://dans.knaw.nl/en/about/organisation-and-policy/organisation-and-policy

110

https://dans.knaw.nl/en/about/services/easy

111

https://dans.knaw.nl/en/about/services/narcis

112

https://data.4tu.nl/info/en/about/organisation

113

https://www.dtls.nl/about/

114

https://elixir-europe.org/

115

https://www.re3data.org/

116

https://www.openml.org/

117

https://www.clarin.eu/

118

https://www.clariah.nl/en/organisation

119

https://www.dariah.eu/

120

https://www.nwo.nl/en/calls/local-digital-compentence-centres

121

https://www.go-fair.org/go-fair-initiative/

122

https://dans.knaw.nl/nl/actueel/agenda/love-to-share-data

123

https://eosc-portal.eu/events/workshop-training-eosc

124

EOSC Working Group Landscape (2020): Country Sheets Draft Analysis

125

https://avointiede.fi/en/policies/policies-open-science-and-research-finland/open-science-and-research- initiative.

126

https://julkaisut.valtioneuvosto.fi/bitstream/handle/10024/75210/okm21.pdf?sequence=1&isAllowed=y

127

Open Science National Coordination (2020), présentation en ligne du groupe de pilotage sur https://avointiede.fi/en/coordination/steering-group

128

https://avointiede.fi/en/coordination/steering-group

129

https://avointiede.fi/en/networks/conosc#:~:text=Council of National Open% 20Sci- ence,open%20science%20policies%20and%20activities.

130

https://avointiede.fi/sites/default/files/2020-02/declaration2020_0.pdf

131

https://avointiede.fi/en/policies/policies-open-science-and-research-finland.

132

Voir https://avointiede.fi/en/policies/recommendations-open-science-and-research-finland.

133

https://julkaisut.valtioneuvosto.fi/bitstream/handle/10024/161990/OKM_2019_45_Atlas of Open Science and Research in Finland.pdf?sequence=1&isAllowed=y.

134

Voir https://www.csc.fi/en/collaboration.

135

Outre le CSC, l’université d’Helsinki, l’Archive finlandaise de données en sciences sociales (université de Tampere) ainsi que l’institut météorologique finlandais étaient également présents dans EOSC-Nordic.

136

https://eosc-portal.eu/finland

137

Voir https://www.eoscsecretariat.eu/news-opinion/finland-launches-its-national-forum-european-open- science-cloud ainsi que https://www.csc.fi/en/-/finland-launches-its-national-forum-for-the-european-open- science-cloud.

138

EOSC-Declaration: European Open Science Cloud – New Research and Innovation Opportunities, Brussels, 26 October 2017. Voir https://eosc-portal.eu/sites/default/files/eosc_declaration.pdf

139

. Sur ce point voir https://www.aka.fi/en/research-funding/responsible-science/open-science/.

140

https://www.sitra.fi/en/news/evaluation-sitras-impact-is-in-co-operation-and-more-is-needed.

141

https://www.sitra.fi/en/projects/sustainable-business-from-data/#what-is-this-about.

142

Voir sur ce point : https://www.vttresearch.com/en/vtts-administration.

143

Note du traducteur : Voir à ce sujet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maanmittauslaitos, ainsi que https://www.maanmittauslaitos.fi/en

144

https://thl.fi/en/web/thlfi-en/statistics/statistical-databases/open-data

145

https://vatt.fi/en/research-cooperation-and-open-science

146

https://en.ilmatieteenlaitos.fi/open-data

147

https://www.businessfinland.fi/globalassets/finnish-customers/01-funding/04-research-organization/busi- ness_finland_requires_open_science_020218.pdf

148

https://www.csc.fi/en/about-us.

149

Voir sur ce point https://www.csc.fi/en/funet-2020?inheritRedirect=true.

150

Voir https://www.csc.fi/en/web/guest/collaboration und https://www.csc.fi/en/-/eosc-european-open- science-cloud sowie https://www.csc.fi/en/-/blue-cloud

151

.https://www.elixir-finland.org/en/frontpage/

152

https://www.csc.fi/en/-/eu-openscreen

153

https://www.csc.fi/en/web/guest/collaboration/-/asset_publisher/1SD7vViTltfB/content/seadatacloud

154

https://www.studyinfinland.fi/universities-list-view.

155

Deutscher Akademischer Auslandsdienst (2017) – Finnland, p.10.

156

À l’heure actuelle, il existe des consortiums universitaires dans les villes de Kajaani, Kokkola, Lathi, Mikkeli, Pori, Seinäjoki

157

https://www.unifi.fi/wp-content/uploads/2019/04/UNIFI_Open_Science_and_Data_Action_Pro- gramme.pdf.

158

http://urn.fi/URN:NBN:fi-fe201804106446

159

https://www.research.fi/en/service-info#1 et https://www.aka.fi/en/about-us/decision-making-bo- dies/firi-committee/strategy-for-national-research-infrastructures-in-finland-20202030.

160

RFII-Geschäftsstelle (2021): Länderdossier Finnland (non publié). Dossier établi à partir d’une recherche documentaire du 16 novembre 2020 libellée « infrastructures » sur Research.fi - Url: https://www.research.fi/en/results/infrastructures?size=10.

161

RFII-Geschäftsstelle (2021): Länderdossier Finnland (non publié). Dossier établi à partir d’une recherche documentaire du 16 novembre 2020 libellée « infrastructures » sur Research.fi - Url: https://www.research.fi/en/results/infrastruc- tures?size=10.

162

https://www.go-fair.org/wp-content/uploads/2019/07/Cooperation-for-Open-Science-in-Finland_Heidi- Laine.pdf.

163

https://www.dmptuuli.fi/.

164

DM https://www.dmptuuli.fi/about_us.

165

Voir aussi à ce sujet : https://www.tenk.fi/en/networks/eosc/eosc-finnish-forum.

166

https://www.csc.fi/en/-/finland-launches-its-national-forum-for-the-european-open-science-cloud

167

https://www.eosc-nordic.eu/the-european-open-science-cloud-in-a-national-context-eosc-finnish-forum- launched/.

168

Fox/Ebert (2020) – Entretiens FoStra2020 (non publié)

169

Un acteur danois a également confirmé cette faible sensibilisation en faveur de l’EOSC au sein de la communauté scientifique.

170

Fox/Ebert (2020) – Entretiens FoStra2020 (non publié)

171

Fox/Ebert (2020) – Entretiens FoStra2020 (non publié)

172

L’existence d’un forum national a également été soulignée dans l’entretien avec un acteur iralandais.

173

Fox/Ebert (2020) – Entretiens FoStra2020 (non publié)